logo

Jazz et peinture

< Le Père Duguay prêtre à Châteauneuf, voyeur auriculaire déjà connu, obéit aux injonctions de François Nau, demi-frère du Docteur en médecine ; il est en relations avec Annemarie Mertzmüller, strip-teaseuse au grand coeur qui se fait troncher à l’hôtel, mais offre en scène son corps ā Dieu. Il connaît également le Kader ben Zaf ā la Teste, prčs d’Arcachon. Tous deux sont des demi-rôles. Ils doivent corrompre, chacun ā leur maničre, les deux maîtresses des demi-frčres, Pascal Matz et le marchand de chaussures. Comment s’y prendront-ils ? Le prętre doit s’aider de toute sa casuistique, afin de paralyser petit ā petit la strip-teaseuse, l’enserrant dans le filet du péché, auquel il ne croit pas.
Il espère la revoir en train de baiser, au lieu de se masturber bêtement de l’autre côté d’une cloison de chambre d’hôtel, au-dessus du bidet (pas de tache, évacuation immédiate). …Après son exploration donc des couloirs de l’hôtel, le Père Duguay ne s’en tient pas là. Rappelons ceci : vous connaissez de ces petits abbés chafouins, cafards, tout noirs ; de ces gros abbés ventrus. Duguay n’est ni grand ni petit, ni blond ni brun, ni…, ni. C’est déjà beaucoup, c’est trop qu’il soit ecclésiastique - vous en connaissez beaucoup, vous, des ecclésiastiques ? suffisamment pour qu’on puisse en établir une, voire des typologies ?


L’église de Châteauneuf-de-Randon est noire, son porche en lave s’ouvre en biais face au bistrot-cartes-postales, et la ruelle qui les sépare fomente de foutus courants d’air. L’abbé Duguay rase les murs ; il ne se sent chez lui que dans son église, multiplie les signes de croix, redonne l’argent maigrelet de ses quętes dans les troncs, ā saint Antoine, à sainte Thérèse (qui a vraiment une gueule de paysanne bornée, obtuse comme ce n’est pas permis, pas étonnant qu’elle ait vu un grand mur gris devant ses yeux au moment de mourir au lieu du Christ - “Le Christ est peut-être un grand mur gris”, lisons-nous dans une notice édifiante.
Duguay prie, bras en croix, à genoux ou de tout son long sur les dalles - prenant soin que le porche soit fermé - il se souvient des vieilles qui ont fait virer son prédécesseur pour avoir mis en doute la virginité de Marie ; des mêmes, ou de leurs mères, pour le pauvre abbé Riquet parti en Terre Sainte avec l’argent de son jubilé au lieu de le redonner aux pauvres. L’abbé Duguay passe un peu trop souvent derrière le vieil autel, celui qui ne sert plus depuis les foutues messes face aux fidèles, et voit traîner là bien de la poussière, bien des chandeliers fendus. Une nuit de son vivant, passant par les Landes, il s’était réfugié au fond d’un café, avant fermeture. Et sans le savoir - mon Dieu, accordez-moi la conscience des mouvements de mon visage - il avait tant multiplié les tics qu’un homme au bar, paysan, ou chômeur, l’avait regardé de faįon bizarre, puis s’était détaché vers lui, sans se faire remarquer des autres
L’abbé Duguay, pour l’heure en civil, reconnut alors avec un horrible malaise que cet homme pensait l’aborder, à l’écart, pour l’inviter chez lui, volets fermés. Il s’éclipsa, et ne voyagea plus. Voilà pourquoi aussi il refermait toujours sur lui les vantaux de son église et de son presbytère : une génuflexion, la sacristie, puis son chez soi, comportant grâce ā Dieu double issue. Parfois il saluait l’autel ā la nazie, en claquant les talons. L’invention du siècle qu’il appréciait le plus, c’était le téléphone. Il obtenait instantanément, dans la discrétion la plus totale, cet Arabe du Bassin d’Arcachon, démesurément grossi, qu’il avait donc rencontré au fond de ce café du fond des Landes ; et tous deux, Kader Ben Zaf et Duguay, obéissaient ā leurs maîtres, afin de reforger deux maîtresses nouvelles : Hélène Dubost, terne, appliquée sculptrice du dimanche ; son amant, le Docteur Matz (était-il le seul ?) désirait l’élever au rang d’artiste locale, en lui faisant miroiter les conditions avantageuses d’un café-galerie
.

3 juillet 2009 - 2 commentaires
Classé dans : portnaouak Tags: none

Stendhal, et oim et oim et oim

< Voir le peu de plaisir éprouvé aujourd’hui à faire paraître livres et demi-livres, depuis que l’éditeur enfin m’a convaincu qu’il y a désormais aussi peu de mérite, de gloire et de mystère à “faire un livre” qu’à fabriquer une paire de godasses. Il me reproche à présent de manquer d’enthousiasme : après m’en avoir castré pendant plus de dix ans ! Parfois il me vient une grande bouffée, au volant, de joie de vivre : la seule liberté qui me reste. Cela se termine par de grands ricanements de toute la région nasale, je me fous de ma propre poire. Le voyageur, parti de Milan, gagne directement Naples par Bologne, Florence, Sienne, Terracin et Capoue. Quelques mots encore : j’ai vu Bologne et ses arcades, et une grande cantine où l’on servait la pasta alla Bolognese. Mia moglie è polonesa - Pollaca ! le garçon répondait distraitement, débordé de plat de pâte en plat de pâte. J’ai englouti, erré de nuit, arcades, arcades, places irrégulières et rouges. On ignore toute ville tant qu’on n’est pas imprégné de quelconque. Ce qui se passerait si l’on devenait “de là”. Sans plus rien trouver d’extraordinaire. Ces détails mornes qui résument la ville. Au cimetière de Limoges, au Mont-Saint-Michel, j’ai photographié des boîtes à conserve dans un trou d’écoulement des eaux, ou le renfoncement d’une meurtrière. C’est à partir de là que je reconstruis ma ville, où tout n’est qu’ordure et banalité. Mais j’aurai vu Bologne sous la neige, depuis l’hôtel, avec vue sur le Duomo. Pour Florence, c’est 70, époque où plus personne ne peut me rejoindre. Un été claquant, des habitants fringués en traîne-savates, paysans des environs ou bien pauvres demeurés sur place. “En 64, ils étaient beaux”, disait-elle (une rencontre) ; la chambre n’avait qu’une fenêtre minuscucule, style chiottes. Nous avons baisé en déplaçant le ventilo à mesure, le long de nos corps, en remontant, en redescendant, puis on a cessé, au bord de l’apoplexie. Mais les Offices… Malgré les rugissements du marteau-piqueur… malgré l’anglais, l’allemand aux terrasses de cafés… Je me souviens du vendeur de guerrier qui nous a demandé plaisamment comment une aussi jolie femme pouvait vivre avec “un uomo tanto brutto come lei”. Il fait une excursion - Stendhal – en Calabre, et, de là, se rend à Rome. Autrefois, la Calabre, c’était le talon de la botte . Aujourd’hui, la pointe. Toujours rien compris. J’escalade l’Aspromonte. Je loue une Motoguzzi 600 rouge pour faire le tour de la Sicile. Mais non, pas de fric. Il n’est pas question du voyage de retour. Je dis à mon épouse (une rencontre) : “On achèterait là-bas, comme Léo” - mais la camorra, la mafia à payer – j’aurais bien oublié le français. Dommage. Peccato. La prononciation, l’intonation. Mais aussi le grossier populisme de Visconti; le misérabilisme - l’aritocratisme aussi, du vieux Visconti, comme on ne

(requis)
(requis)



l’ose plus en France – noblesse française terne ou snob. Et les palais. Sans marquis ruinés comme en France, où le dernier croquant se plaint de l’impôt ; les Italiens fraudent avec classe. Rire, décontraction, pendant que les Français serrent les fesses et se pincent les lèvres. ne savons plus rire.

29 juin 2009 - 3 commentaires
Classé dans : errances Tags: none

Ô mes jours de voyage, seuls jours où j’aie vécu…

Toujours m’imaginer ce que je ferais si je devenais libre, non par décès mais par recasage. Aucun style. Cacophonie absolue. Le type même de l’acrobatie aragonaise. Je suis parti. Je suis revenu chercher mon pyjama, puis mon peigne. « C’est un gag. » Oui. Sitôt que je renie ma faiblesse, elle me rattrape. Le saut à l’élastique : pareil. Plusieurs rebonds, plusieurs rechutes. D’abord tracer. Une borne “super” en dérangement. Une autre en fonctionnement, à Lormont. Un gros Noir mal rasé à double menton. Désirable, comme tous les Noirs. Tout de même il y a une limite.

Et de rouler, rouler vers le N.E., avec des rafales de bavardage. Bavard, moi ? Annie l’affirme. Pires que moi : Lauronse, Véra. Je ne pensais pas que ce pût être perçu comme inconvénient. Als Nachtrag. Un petit chemin, qui monte et qui descend, entre les arbres qui n’ont pas encore retrouvé leurs feuilles, nous sommes à la mi-avril. La seule différence entre Favretto et moi, c’est qu’elle se prend pour quelqu’un de modeste, alors que mon génie est une forme de véritable modestie : je souhaite à chacun d’être génial. Et quand je suis revenu à ma voiture, en plein soleil, sur un parking de chasse, j’ai appris un rôle de juif, celui peut-être de Primo Levi, ça y ressemblait, puisqu’on parlait de l’I.G. Farben à la Buma.

Ce sera très chouette, surtout si je joue à l’accordéon : 

“Les femmes gueulaient dans les camions

” J’veux pas y aller j’veux pas y aller

” Mais quand on y est arrivées

Ça sentait le poulet grillé !

” Le SS s’est mis à gueuler

Arrêtez de brailler comme ça

” Du gaz pour tout le monde y en aura”

” Les flammes montaient jusqu’au ciel

” Tant pis pour nous tant pis pour elles.”

Le soir tombe. Je n’ai pas rédigé ma journée. Ça divague terrible. Je me suis retrouvé sur la bretelle d’évitement au sud de Périgueux, vaste balafre sans possibilité d’évasion (”carrefour bloqué” – “carrefour bloqué”) Ste-Marie-de-Chignac St-Pierrre-de-Chignac, la grande surface dans les gravats, portant le nom d’un ruisseau de là-bas, pris un petit bonbon Total, un sourire du serveur. J’intimide désormais (mon âge). Tant mieux. Jadis je prenais des mines. I was self-conscious. L’air de dire : “Je suis bon, là ?” Ridiculous.

Crépuscule extraordinaire sur les pins, avec une toute petite bagnole grise toute penaude d’être abandonnée, en contradiction avec le paysage, ma démarche de génie mes pensées parasites, plus qu’assez des “profils bas”. Toujours modeste toujours modeste – merde ! Puis, recherche d’un cybercafé pour Pascal Tarche. A Thenon, il n’y en a pas un. L’agglomération forme goute suspendue à la N 89 : tel est Thenon, je vois le panneau “Gabillou 9 km”. Cette fois-ci je n’y vais pas. Des ploucs ont revendu la propriété de Thérèse Plantier, éparpillé tous ses papiers. Robin Morlot s’est suicidé après la mort de son amante, de trente ans plus âgé que lui.

Je revois la mine gourmande de Robin Morlot, me faisant goûter du fenouil. Pierre-André le nommait “Larbin Roblot”. J’étais fou. Tout ce que j’écris est grand. Is great. M’en souvenir. Le matin, je suis allé à Ussel. J’ai demandé un photographe. Un brave homme ne peut me renseigner. Je trouve par moi-même. Je bavarde sur mon incapacité à placer la pellicule. Jusqu’à La Courtine, je cherche les hypothétiques baraquements servant de bordels à soldats, et qu’on m’avait décrits ; rien, que du paysage. Des routes en impasse : ce camp est une verrue.

Halte à Poussanges. Une montée, une descente : d’abord dans une prairie, où le sentier se fond. Remontée vers la bifurcation. Redescente dégringolante cette fois parmi les arbres morts et blancs, les souches, des bidons, et une balle d’enfant, sur le côté. Ma règle de vie est de marcher 20 mn dans un sens, 20 autres dans l’autre. La pente de retour est forte, je souffle, et transpire au point qu’arrivé à ma voiture, il me faut d’urgence changer de chemise, elle empeste. Je me demande ce que deviennent tant de textes entassés de génération en génération dans les familles.

Ayant lu les premières manifestations d’insolence littéraire de Voltaire, cherchant en vain des traits de ressemblance entre lui et moi, j’ai tourné pour finir la clef de contact et suis parvenu à St -Georges -de -Nigremont (j’appris plus tard que deux frères mérovingiens avaient ici même failli en découdre), cornet de glace inversé. Les maisons de pierre du Massif Central toujours majestueuses, définitives : des caveaux habités. Et sortant d’une fenêtre, un mauvais rock et d’exaspérantes voix de djeunzz inconscients de l’endroit où ils vivent.

Je descends au cimetière, extrêmement déclive, surprenant au dos des tombes alignées, dans ce couloir, de vieux pots que je photographie. Je parle aux morts, caressant leurs photos, dont l’une ne souriait pas, car on mourait encore dans ses soixante ans, dans les années 65. .. La préhistoire en somme… Jeune homme mort le 28 août 78 à 16 ans, cheveux longs, regard creux, pomme d’Adam saillante, le tout déjà d’un vieux, “depuis que tu es parti mes larmes n’ont jamais cessé de couler” dit la mère, “Pourquoi à vingt ans” avais-je lu sur la tombe ignoble d’une jeune fille de Chantonnay (Vendée) (indépendamment de la catastrophe ferroviaire de 1958). D’autres catastrophes me reviennent en esprit.

Que deviennent tant de souffrances humaines, ont-elles une âme et flottent-elles parmi nous et quelle est leur fonction car il faut nécessairement qu’elles en aient. Puis je suis reparti vers Giat. C’est laors que s’est produite cette extraordinaire crise de Fernoël, où j’ai gueulé par la fenêtre ouverte je suis libre ! Libre et j’emmerde la terre entière ! Plus de femme d’enfant ni de métier ! Je vous emmerde et ne reviendrai plus ! Libre ! Libre !” Mon Dieu faut-il que ce soit vrai pour que j’aie gueulé ainsi. A Herment je dédaigne la petite épicerie style “et comment ça va-t-y la p’tite dame”, je fais halte face au Puy de Sancy enneigé, halte à La Bourboule. Je n’achète là que de mauvaises choses, personne ne me connaît, virginité absolue, ma vie recommence avec la caissière…

 

28 juin 2009 - Aucun commentaire
Classé dans : errances Tags: none

Fragment sans portrait, alors…

< Il paraît, comme ça, que je suis fait pour écrire. C’est O’Letermsen qui me l’a dit. - Tu es si beau, lui disais-je, si beau, que si j’étais pédé je te sauterais aux couilles. - Génial, gloussait-il, , génial. Then he added : “J’agrandirai tes cartes géographiques. Je les reproduirais sur soie. Je te trouverais un imprimeur ; ce serait de l’imagination pure. Tu donnerais des conférences.

Première carte : Arkhangelt. Epaisse, limoneuse. Mes armées ont sillonné ce royaume, envahi par les Troupes Innombrables du Sud. J’avais inventé d’autres pays ; de sanglants combats en avaient eu raison, à Ste-Françoise-le-Lac ; c’était ma cousine, son sexe et la bataille.
Une arme était particulièrement terrible :  visé, dans un groupe de trois, je restais seul indemne, et mes deux gardes, morts. Le trente août 2020 (”VOUS N’AVEZ RIEN DE PLUS RECEEEEEENT? - TA GUEULE CONNARD”)  j’écris : “Je ne mérite pas d’être sauvé, je chie sur les Rédempteurs. Demandé, et il vous sera accordé ; tendez la main, et vous serez hissés. Que ma haine éclate comme une précieuse grenade au ventre de toutes les” - ce qui n’est pas nouveau. “Souillons, soyons grands ensuite” - qu’est-ce à dire ? Je cite : “Quand les délicates, en se voulant torcher, s’apercevront dans leurs doigts vernissés que j’ai déjà embrené leur papier, elles reposeront le rouleau et s’en iront, effarées, cul merdeux, en écartant les fesses.” Plus loin : “Travail sur soi, travail impitoyable, seuls les très grands y sont parvenus.
- Un éditeur ! - Ah chien, tu veux ta pâtée… “Je hais les bons chiens, qui me font du bien, qui me cernent, larme à l’oeil, répétant, dictant ce que je dois faire, ce qui est bon pour moi.”

LA RAISON, AUX CHIOTTES !!!

JE REVENDIQUE LE DROIT D’ECRIRE N’IMPORTE QUOI SANS ETRE RESPONSABLE DE QUOI QUE CE SOIT QUITTE A NE PAS AVOIR DE LECTEURS. De toute façon pour ce que j’en ai… 
26 juin 2009 - Aucun commentaire
Classé dans : portnaouak Tags: none

Fragment + portrait

< image-5.jpgi.”
26 juin 2009 - Aucun commentaire
Classé dans : Photos Tags: none

Je dirais même plus

<Je disais donc, sur le site de X, qui a un peu trop tendance à virer les commentaires qui ne le prennent pas dans le sens du poil : “J’en-ai-marre de la-logique”, “J’en-ai marre de- la-lo-gique”. J’en ai marre de la morale de curé de goche qui n’arrête pas de répéter qu’il faut tenir compte des aûûûûtres. J’en ai toujours eu plein le cul des autres. Il faut bien se dire que tout ce que tu es devenu, tu ne l’as pu que parce que les AUTRES ont bien voulu le tolérer ; et que tout ce que tu n’es pas devenu, c’est parce que les AUTRES s’y sont opposés, férocement, de toute la force de leur inertie. Point, barre. Ce sont les autres qui t’emmerdent, c’est toi qui emmerdes les autres. Ce sont eux qui font ta destinée, c’est toi qui fais leur destinée. Conséquence : si tu continues à te lamenter, ce n’est pas logique, puisque ce n’est pas TA faute ;  c’est parce que le sort humain est profondément misérable, puisqu’il faut mourir avant d’avoir réalisé le centième de ce qu’on voulait - il est vrai qu’on en a empêché les autres, aussi… MAIS MAIS MAIS ! il y a une autre conséquence, aussi ; c’est que toutes tes vantardises sur ta Vvvvolonté, ton Khourage, et autres couillonnades, tu peux te les renfoncer dans le rectum jusqu’aux gencives : parce que ce sont les autres, les circonstances extérieures qui l’ont fait, pas toi. Tu as compris ? Chacun est responsable pour les autres, en aucun cas de son destin à soi. Et ça, ça devrait figurer dans toutes les librairies, si les AUTRES avaient consenti à me considérer comme un maître à penser de haute voltige. Mais je me suis cassé la gueule, et j’ai encore de l’humour. Seulement ça, c’est “des conneries”, n’est-ce pas, comme tout ce qui ne rentre pas dans le cadre exact et bien anguleux des raisonnements “logiques” et culpabilisateurs (”y a les bons, et y a les mauvais ; y a la goche, et y a la droite, putaing cong”). J’en ai marre de tous ces morpions qui se cassent la gueule à coups de râteaux dans leur bac à sable, et qui appellent ça “la vie”, et qui veulent en persuader les AUTRES… Restez-y donc, dans votre bac à sable, et ne venez pas me casser les couilles. Attention, les merdes de chien sont juste sous la surface… ET CA, COMME C’EST SUR MON BLOBLOG A MOI, IL N’Y A PERSONNE QUI VA VENIR ME LE VIRER…

21 juin 2009 - 3 commentaires
Classé dans : philosophie des broussailles Tags: none

Réception

<J’ai reçu à ma table des ombres, que je voyais-sentais flotter dans les brumes de la présence absente, venues de tant d’ombres et flottant vers l’ombre, ne discourant de rien qui n’ait été redit cent fois, de leurs longs bras lointain s et voluteux, de leurs langages embrumés de déjà dit, uniques et si précieux mondes dérivants, et moi, l’un d’eux, absent, souriant, dans mon élan d’indifférence douloureuse et compassion, pétrissant de la main leurs formes fraternelles , entendant percevant tous nos grands petits mots qui d’en moi vers moi dans le brouillard des tables lançaient tant de signaux emportés solidaires et si seuls chacun dans ses dérives, passant au loin si près de moi sur le fleuve, et je les aimais, tous, emportés déportés lentement inexorablement vers les lointains dans cette déchirante volupté, spectres pelucheux de cette vie qui sur nous au-dessus de nos têtes s’écoule doucement sourdement profondément dans le soufle des fluides souterrains du temps -

frères humains qui  avec nous vivez…

18 mai 2009 - 9 commentaires
Classé dans : évocations Tags: none

Coucou me revoilou

14 mars 2009 - 9 commentaires
Classé dans : portnaouak Tags: none

Réponse à M. Lang

<Ne mélangeons pas tout. L’IUFM (institut universitaire de formation des maîtres)  est une crétinerie ridicule qui vise à donner à l’élève une autonomie dans l’acquisition de son savoir : PARFAIT ! MAIS EN MEME TEMPS elle désapprouve toute tentative d’enseigner à l’élève quoi que ce soit, parce que ce serait le brimer. Il faut qu’il apprenne “par lui-même”. Comme disait le directeur des Beaux-Arts de Bordeaux à M. Paoli, grand technicien en dessin et gravure : “Monsieur Paoli, n’oubliez pas que vous n’êtes pas là pour apprendre quelque chose aux élèves de façon directive, mais pour les laisser s’exprimer”. Il en avait les larmes aux yeux : son expérience, c’était de la brimade…

Paix à son âme - un facho de moins, après tout… Alors on les laisse s’exprimer, les élèves, et ils s’apprennent entre eux ce qu’ils ne savent pas. Mais comme ils sont encouragés, ils deviennent ignorants, et d’autant plus prétentieux, et péremptoires. C’est nous, les profs, les bourreaux, les déconnectés de la réalité,feignants ET RINGARDS ! Total ce n’est pas l’orthographe qui est en cause (la science des ânes, bien sûr…) - c’est la compréhension même des textes écrits par les élèves. J’ai lu des phrases comme “Le chat sont noir” - en seconde ! L’élève avait confondu le singulier et le pluriel du verbe être !

Et ne venez pas me dire que c’est une exception, les copies sont un véritable supplice, on ne comprend plus ce que l’élève a voulu dire !

Et si on le lui fait remarquer, c’est une brimade ! j’ai vu un élève lire, en seconde, en suivant les lignes avec sa règle ! Des élèves me déclarer qu’ils n’aimaient pas lire, parce qu’à la fin de la page ils avaient oublié de quoi parlait le texte au début ! La seule façon d’apprendre à enseigner, c’est comme pour le théâtre : allez hop, sur les planches ! ou la nage : on se met à l’eau ! L’IUFM apprenait à nager sur le sable. J’ai sauté de joie quand j’ai appris qu’il allait être supprimé.

Nous allons peut-être enfin enseigner quelque chose sans nous faire soupçonner de fascisme. Parce qu’apprendre la langue française, c’est fasciste, c’est comme la Marseillaise. Maintenant pour faire taire M. Lang, c’est difficile.

Même Zemmour n’y est pas arrivé. J’en ai marre d’entendre ricaner à chaque fois qu’on parle de la ruine de la langue française, c’est-à-dire de la ruine de l’expression et de la pensée des élèves. Les élèves écrivent désormais dans une espèce de gloubiboulga qu’ils ne parviennent même plus à relire en comprenant ce qu’ils avaient voulu dire - sauf les fils de bourges, bizarre, non ? Signé COLLIGNON, professeur de français ET DE LATIN-GREC, ça c’est vachement fasciste (la messe en latin, Benoît XVI, les jeunesses hitlériennes… allez-y, allez-y !)

Un jour on me fusillera. A bas les démagogues qui n’ont jamais fait cours dans une classe où les fils de pauvres sèment le bordel avec une grande fierté, parce qu’ils sont “modernes”, eux… A bas Mozart, vive le rap ! A bas Hugo, vive le journal de classe ! - désolé : vive la langue française, vive le respect du savoir, vive la civilisation occidentale, qui n’est pas la seule, mais qui est la mienne, excusez-moi d’exister.

17 février 2009 - 11 commentaires
Classé dans : Non classé Tags: none

Onfray et le Bon Dieu

 La théologie, mes bien chers frères, c’est la science de Dieu. Paradoxale prétention, puisque la science ne traite que d’exactitudes. Mais l’ « a-théologie », avec « a » privatif, consiste à se passer de Dieu, donc de théologie. Ce serait donc un discours, sur l’athéisme. Onfray, à bien des égards, ou plutôt manque d’égards, est un connard. Me faire répondre par sa secrétaire qu’il est débordé, le pauvre, et ne peut me remercier personnellement d’un livre que je lui ai dédicacé, sur les religions précisément, alors que moi aussi je suis débordé : que mon temps, pour ne pas se dérouler sous les sunlights, n’en est pas moins précieux. J’en ai soustrait quelques instants pour lui envoyer personnellement ma production ; un remerciement personnel, que je sache, ne l’eût pas distrait si longuement de sa grande Œuvre internationale, ne fût-ce qu’au nom de la politesse qui n’est pas faite pour les chiens, merde, putain, chiotte.

Monsieur le Philosophe en aura usé à mon égard de la plus abjecte muflerie. Pourtant à l’occasion de ce Traité d’athéologie Onfray mérite qu’on le salue à l’instar du plus efficace Kärcher; prononcé « kair-cheur », tas d’ignares. Dans une première partie, l’auteur parcourt l’histoire de l’athéisme, qui longtemps a coûté la vie à ceux qui s’en réclamaient. L’ennemi, c’était l’hérétique ; mais l’inhumain, l’homme qui n’était pas un homme, c’était l’athée : juifs, chrétiens, musulmans, tous s’accordaient pour le vomir et l’exécuter de quelque façon que ce fût. S’ensuit alors un historique de tous les mouvements successifs, les libertins du temps de Pascal, les roués de la Régence, les partisans d’Holbach, ou de Sade, sans compter diverses et innombrables obédiences philosophiques ou paramaçonniques, aboutissant parfois à des mouvements prosélytes et aussi raides que les religions elles-mêmes : ce qu’il faut faire, ce qu’il ne faut pas faire, pour devenir le parfait petit athée militant.

A quoi bon dans ce cas s’affranchir des raideurs et des dogmes si c’est pour aboutir à d’autres crampes et contraintes… C’est ce qu’on appelle en effet un “laïcard” ou un “bouffe curés”. Ou bouffe rabbins. Ou bouffe imams. Parfaitement. Les trois cibles sont bel et bien, comme dans Mon Petit Livre des Grandes Fêtes Religieuses, au Bord de l’Eau, pub, les trois monothéismes, réclamant chacun l’exclusivité, facteurs de prosélytisme et d’exclusions : il n’y figure ni polythéismes au pluriel, puisqu’il suffit d’ajouter un dieu sur les autels multiplaces, ni bouddhisme, qui ne serait pas, officiellement, une religion. Pourtant ce dernier partage avec le monothéisme une belle haine du monde d’ici-bas, et une survalorisation du monde de l’au-delà. Paradoxalement en effet, le sentiment que nous avons de notre propre mort, en nous rejetant vers les interrogations métaphysiques, et les justification d’existence, nous précipite dans la mort à l’avance : vivement que ça arrive, puisque c’est plus beau après.

On cite même un enculé de chrétien qui a prié pour que sa fille crève vite, vite, après sa femme, afin qu’elle connût la vie éternelle comme maman, et qui a obtenu réponse positive à sa prière. Il a été canonisé, ce con, par d’autres cons. Donc, la religion, à coups d’interdits, de haine du corps et du sexe, d’interdictions de la joie qui ne soit pas religieuse, de promotion de l’imbécillité ou de l’obéissance aveugle, à coups de racornissements, de négation des lumières, nous fait vivre deux fois la mort : une fois en vivant, une fois en crevant.

11 février 2009 - 12 commentaires
Classé dans : lectures Tags: none

Du style, encore

<Comment cela s’apprend-il ? Certainement pas dans le manuel du parfait écrivain qui vend. Lequel manuel ne se vendrait pas s’il disait sincèrement tout de go : “Vous ne deviendrez écrivain qu’en devenant vous-même et nous n’avons nulle recette à proposer.” Nul moyen de reconstituer en laboratoire ces charmants défauts de jeunesse (FRB a quarante-neuf ans) qui posent les premiers chapitres en total décalage avec le corpus central, ces attendrissements fiers sur ce jeune sous-officier d’après-guerre qui mène à la baguette son conservatoire fantôme de Sarrebruck tout en flirtant entre hommes et femmes, et ce style mouillé où les consonnes et la musique des voyelles composent ce qu’il est si convenu d’appeler le champagne français, métaphore si bien à sa place ici que nul bouffeur de hamburger d’outre-Atlantique ne s’est hasardé à le traduire.

Jusqu’à quand nous fera-t-on perdre les platitudes et lourdeurs d’un Philippe Labro pour de la littérature? Et paf. (musique) – Et quel lyrisme. Démodé donc éternel. Désuet comme Properce, Tibulle et Catulle. Un hymne à la jeunesse, à l’innocence de l’Allemagne vaincue dépouillée du nazisme et retournée si vite à sa naïveté bon enfant du XIXe siècle ou du Werther de Goethe. Histoires de femmes aussi disais-je ? mais qu’importe l’anecdote puisque l’auteur aussi bien tisserait ses phrases froufroutantes et fermes sur tout sujet, pourvu qu’il tînt par quelque part à la musique… Une femme donc très jeune et qu’il emmène à Prague où jamais il ne parviendra, qu’il ne possède pas si c’est la fille de son ex-maîtresse aux jours précisément où il eût pu la féconder, jeune femme qu’il tue.

Il se dénonce. Les gendarmes ne le croient pas. La jeune femme s’est enfuie de sa caravane. Et la musique, et la vie, continuent. Prenons le chapitre 7 où l’auteur se sent grippé, pris de tête, irresponsable en tourbillon et demi-fou. Comment fait-il pour retrouver cette grâce ? “Une grippe de printemps. Une grande chaleur dans cet appartement romain. Trop de monde à la fois, dont je me dis que je vais les manquer, qu’ils vont me manquer, que je ne les verrai plus, que je n’aurai pas dit mon premier mot.” Voyez le décor éphémère : Rome, le salon, l’ivresse et le désir de paraître, et le thème du manque. Tous les thèmes précisément, musicaux, ici amorcés.

Le vague et le pincement sous les mousselines du frivole. Carottons encore, amis géologues ? P. 94, phrase 2 du § 2 : “Le lieutenant t’a donné un ordre, non ?

- Je sais.

- Tiens, voici ton peloton.” Quand je vous avais dit que c’était tragique. Et même, non politiquement correct. Voici un jeune homme chargé de la sale besogne : le commandement d’un peloton d’exécution. Il faut exécuter un officier nazi. Un SS. Qui est un homme. Admirable et salaud, surtout admirable, c’est François-Régis Bastide qui parle, ici inconscient de jeunesse et nous servant l’éternel “faut-il tuer les salopards – ne le sommes-nous pas tous un peu” - bien sûr, FRB, de plus il se trouve que je suis contre la peine de mort, et que ce scrupule qui fut le tien – si c’est toi, si c’est bien toi ce jeune homme – t’honore de ne pas tout à fait vouloir la mort d’un homme, alors même que lui, en face, ne te raterait pas.

Voilà ce qui fait la différence entre un nazi et un homme : ce dernier hésite et philosophe au moment de tuer la belle et fascinante vermine.

20 janvier 2009 - 7 commentaires
Classé dans : lectures Tags: none

C’est du style, on te dit…

<Incipit (on prononce in- ssi - pit)  “Va te faire enculer - Qui dit ça ? C’est pas moi crie l’enfant pas moi nimoinimoi crient les autres - poil au Nîmois - “vos noms !” Térence insiste “carnets scolaires ! - on les a pas zapazapa - Ton sac ! tu donnes ! vos noms ! - on les dit pas dipadipa Vie quotidienne de prof ô salonnards - ô salonnards “Je vois le Proviseur.” Le Proviseur mange (“Il est midi, Monsieur Elliott”), un mois de congé UN. On ne va pas se laisser conchier. Il a tort d’avoir une langue de charretier {dit l’Administration) “Il ne faut pas vous étonner après cela…” (“que…”) …Souvenez-vous du jour où Térence Elliott descendit dans la cour avec un plein porte-manteaux à la main comme une lance “gourou-gourou” faisait-il “gourou-gourou” en brandissant le porte-manteaux c’était pour rire les élèves s’écartaient ça fait tièp Monsieur l’Inspecteur, je me serai bien marré tout de même pense-t-il (autre incident “Page 140 - On n’a pas la même édition. - Le-cours-est-commencé-depuis-vingt-minutes” et ta trousse dans la gueule ) - je voudrais voir dit-il je voudrais voir (les salonnards) - la scène repasse en boucle en mieux en plus posé (souffle harmonieux, regard ferme, dos droit - l’angoisse dissimulée plus la grâce du clown, la boutade, à point nommé, cassant l’Agresseur.

Lettre reçue : “Monsieur J’étais un garçon craintif, vous m’aurez oublié je viens de voir au cinéma Le Cercle des Poètes vous étiez ce prof éveillant j’ai voulu vous exprimer ma reconnaissance” - voici un entretien avec le PROVISEUR : “Monsieur Terence, je vous convoque pour vous avertir. Les parents ne sont pas contents. Du tout du tout. Vous ne vous habillez pas comme il faut. Votre braguette est ouverte. Vous ne parlez pas comme il faut.” …Mes Gros Mots, bon titre ; à étoffer. Deuxième entretien : “Monsieur Terence Elliott, Je vous ai convoqué pour vous engueuler. Vous ne prenez pas mes avertissements au sérieux. Vous parlez toujours de cul.” Tout petit mon oncle me faisait répéter TROU DU CUL répète après tonton TROU DU CUL. (A dix ans, le plus mal embouché du village.) Voici la lettre que me remet le supérieur du proviseur (voie hiérarchique) : “(…) vous avez dit bitte et couille. Vous connaissez mon sentiment à ce sujet.” JE DELIVRE MES ELEVES DE LEURS TENSIONS !

VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE ? dit le Supérieur. Il n’y a pas que des plaintes écrites. Toute la colonie française bruit (ET NON PAS “BRUISSE”, BANDE DE BARBARES) de vos exploits.Vous faites perdre de l’argent à l’établissement. Mettez-vous à ma place ! (air connu) – prenez un congé, Monsieur Elliott, cela vaudra mieux pour tout le monde, prenez du Normisson, prenez du Lexomil, vous repartirez d’un bon pied, HOP-HOP ! (Hop Hop…) - il y a tout de même des choses, Monsieur Elliott, qu’on ne dit pas devant les jeunes filles - même si elles le font, et avec usure – mais il n’empêche, Monsieur Elliott, à cet âge incertain où l’on s’interroge sur son corps - elles en parlent à leurs parents comprenez-vous – pourquoi se mettent-elles à rire ?

Freud, dans Le Mot d’esprit… - Laissez là Freud, votre rôle est d’enseigner… - …de troubler, de troubler ! - …selon le programme, Monsieur Elliott, le programme, prenez donc un bon congé - qu’en penses-tu Magdadalena ? Ma femme dit : “Réfléchis”. C’est ne rien dire.

9 janvier 2009 - 7 commentaires
Classé dans : philosophie des broussailles Tags: none

Quand on ne comprend rien, on ferme sa gueule.

<C’est l’histoire d’un type qui bouffe des crêpes il s’en fout partout, il s’en fout au cul le sucre dégouline sur les poils il se les arrache il a mal il crie il chie il crève. C’est con comme histoire. “Aussi devrions-nous considérer sérieusement combien nous avons tort de nous plaindre.” Ô belles plaintes montant jusqu’au ciel, ça chatouille, ça titille, du fiel dans la bouche et l’envie de tuer tout ce qui passe et poisse comme soi… C’est l’histoire d’un type qui distribue des vivres aux restaus du cœur, il parle aux clodos à des gens sans papiers, il les réconforte, il rentre chez soi s’endort la vapeur de ses pets lui fait une auréole mais toxique il crève pendant son sommeil en odeur de sainteté c’est con comme histoire. “Et moi-même le premier nous avons tort de nous fâcher et de nous plaindre”. Il me surprend donc tout de même le Père Eckhart, il connaît donc cela, il ne va pas croâssant “Regarde- moââ, JE ME défends très bien, sans tant d’histoires” – c’est celle du type qui va à son garage, il regarde les tuyaux et les petits oiseaux là-haut qui ne sentent pas le cambouis, il met la tête dans le moteur ça lui explose à la gueule et il crève, et cependant Eckhart est mort en 1328, crois-tu qu’il l’ait eue sa vie éternelle ou s’il est seulement une étincelle dans le cul de Dieu, je dis le cul comme je dirais autre chose, pas la peine de s’énerver, il n’était question que d’argent, de femmes, de bouffe, de trucs sans importance à sacrifier pour Dieu, qui va me redonner le goût tous les goûts (“il en faut pour…”) - c’est aussi confus ma Foi, aussi abstrus, incompréhensible que Leibniz, il paraît qu’elle avait tout compris Leibniz, la Simone (de B…) Ou comme la Kabale.

J’ai l’impression de perdre mon temps à lire Eckhardt. Surpassent également mon intelligence les élucubrations malruciennes sur l’art, les maths, les prospectus d’ordinateurs, les raisonnements de la biologie - qu’il y a donc de choses et de matières qui m’échappent ! à quelles modesties ne dois-je pas descendre ? Je ne comprends plus que mes radotages pamphlétaires : du moment qu’il crée les créatures, alors il est Seigneur.

C’est du Moyen Age que vient cette appellation - je prie en disant « Seigneur », je prie le vide électrique. Note 190, pour m’embrouiller : ce jeu sur les temps verbaux rend un son étrange. Mais le Moyen Age ne connaît pas nos concordance ; il est à supposer qu’il en fut de même en allemand ; ces textes en son traduits. Je blâme ces notes qui nous renvoient au texte, d’un ton de remontrance cuistre, alors qu’il eût suffi de nous montrer les deux versions en vis-à-vis, munis de notre perspicacité.

L’idée exprimée n’en est pas moins traditionnelle : qu’il faut tout abandonner pour vivre en Dieu, et qu’alors, tout deviendra Dieu, et plein de plénitude ? Théologiens, de tous poils, vous me faites chier. Voyons voir ? Dieu est Dieu de toute éternité, soit. Tautologie. Encore ?  …mais seigneur ou Créateur dans le temps qu’il crée – variante, ici, paternelle. Mais dans la chronologie, ou dans l’étalement ouchronique ? Tout déroulement du temps effraie.

D’où tant de négations effarouchées sereines. Supposons le temps créé par Dieu. Cela ne se peut. Le temps recule autant qu’il avance. Il ne peut pas y avoir eu un temps d’avant le temps, tandis que les nombres à l’infini s’inversent (…) - et puis merde… 

7 décembre 2008 - 8 commentaires
Classé dans : philosophie des broussailles Tags: none

Echos affaiblis d’une très ancienne névrose…

<Avant, je disais ça :

“Quand tu trouves toujours des mecs pour faire les premiers pas sournois, style : “Je cherche un homme, un vrai, tu vois ce que je veux dire” ; ou “je cherche un ami, un vrai, tu vois ce que je veux dire” ; ou qui essaient de te frôler les doigts quand vous écrasez votre mégot en même temps que lui dans le même cendrier, je vois ce qu’il veut dire, ou encore “J’ai fait six mois de prison et forcément là-bas j’ai pris des habitudes alors si tu voulais”. Si tu dis à une femme que tu en as marre d’être poursuivi par les mecs elle s’éloigne respectueusement n’est-ce pas, parce qu’elle n’est pas une bouée de sauvetage. Il y a des femmes qui te mettent carrément la tête sur l’épaule, mais devant trente témoins qui ne regardent que ça ; qui avouent à ta femme mais surtout pas à toi qu’elles essaieraient bien - ou mieux, beaucoup mieux : qu’elles auraient bien essayé, mais il y a dix ans - “quelque chose” avec toi ; qui te disent dans la rue “Est-ce que je peux vous rendre un petit service”, mais avec ta femme plantée en pleine rue à trois mètres derrière toi devant une vitrine ; qui te roucoulent en pleine rue “Bonjour mon beau Monsieur ” mais en disparaissant tout de suite derrière une porte à tambour, ce qui fait que tu ne sais pas comment enchaîner, on n’est pas dans un film ni dans une chanson de Barbara - la suivre en débitant des âneries ou attendre qu’elle ressorte, pourquoi pas une heure ou deux. …Parce qu’on t’attend au tournant, mon vieux ; la moindre inflexion de travers, le moindre tic, la moindre platitude, le moindre je ne sais pas moi froncement de sourcil, et c’est foutu ! Exactement comme le singe savant qui fait son numéro. C’est ça qu’elles exigent : le sans faute. Sinon, elles n’en ont rien à foutre ! Parce que les femmes, elles sont parfaitement autonomes avec leur corps. Jamais un désir, ou du moins jamais sans en avoir soigneusement pesé tous les avantages et tous les inconvénients. Elles risquent plus. Bon d’accord. Vive l’androgynie, je dis ça comme ça… Alors tu commences à te poser des questions. Tu es au seuil de la vieillesse et tu te poses des questions, encore. Tu te sens con comme Woody Allen, talent en moins ce qui n’est pas peu dire. Tu trouves une femme qui te raconte que “C’est pareil pour les femmes, il n’y a pas moyen de s’en lever un”. Tu te dis que tu es tombé sur un phénomène de foire. Pas du tout, en voilà une autre qui t’avoue qu’il n’y a pas moyen de garder un mec après le premier coup tiré. Tu te dis “Elles ont de la veine elles en ont tiré au moins UN”. La 37è te dit “On ne va tout de même pas faire ça à mon mari.” La 38è “Ah mais tu en as déjà une” (de femme) (C’est vrai ça, j’ai déjà un livre, qu’est-ce que je pourrais bien faire d’un deuxième ; notez qu’une fois j’ai fait la même plaisanterie avec un slip : “Ca se change de temps en temps” - réponse : “J’avais déjà entendu comparer les femmes à bien des choses, mais à des slips, jamais” - m’en fous, je ne l’aurais pas baisée.) (Parce qu’il faut bien vous dire une chose : les femmes, même à 50 balais, elles en sont restées à la morale de midinette : On ne chipe pas un homme à une autre ! Mais pauvres cruchasses, tout le monde est déjà pourvu, de toute façon ! Comme me disait l’une d’elles un jour en 88 : “J’ai déjà ma vie de faite, tu ne t’imagines pas que je t’ai attendu ?” Moi non plus ma vieille, moi non plus. Mais la variété, ça ne vous dit rien ? Non, l’habitude, c’est tout. Les femmes “confondent leur coeur avec leur cul” (Flaubert), elles gèrent leur cul comme une épicerie de quartier. Avec celui-ci, tant. Avec celui-là, tant. Jamais rien de spontané, jamais d’élan, jamais de risque. N’oublie pas que les trois commandements de la femme sont 1) pas de risque, 2) pas de risque, 3) pas de risque - bon, voir plus haut. Je me renseigne, sottement, vingt ans après - ça, c’est de la spontanéité de la comprenette - est-ce qu’une telle aurait voulu - oh non, qu’on me répond indignéE, elle n’aurait tout demême pas voulu faire de peine à ta femme ! Attends, réponds-je à “on”, indignée ; quand tu as viré avec pertes et fracas tel garçon vachement amoureux et tout, sympa, qui voulait faire sa vie avec toi, même que je l’ai vu pleurer comme un veau, tu t’es pas demandé si tu faisais de la peine à quelqu’un par hasard ? Et Untel, pour se mettre à la colle avec ton cul, il n’aurait pas viré brutalement sa gonzesse précédente du jour au lendemain sous n’importe prétexte, pace qu’elle était trop grosse et dépressive ? Tu ne t’es pas demandée par hasard si tu ne faisais pas de la peipeine à quelqu’un ? C’est tout de même incroyable ça : quand c’est une femme qui ddésire, ah là là, c’est vachement amoureux émouvant et tout, mais dès que c’est un mec, c’est aussitôt le gros salaud, le gros porc macho à éliminer, et quand c’est moi, alors carrément on me ressort de la morale de catéchisme ! C’est quoi ce truc ?”

Maintenant, je ne sais plus quoi dire. Mais ce n’est pas pour autant, bien au contraire, que je vais fermer ma gueule. 

17 novembre 2008 - 8 commentaires
Classé dans : humoresques Tags: none
FireStats icon Contenu créé par FireStats