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Le couilloir des tentations

Haha ! je vais encore me faire assaisonner. Mais la vie est faite de risques. Ce qui suit est-il ce que je pense vraiment ? COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE LE SACHE ?? En vérité, j’admire ceux qui sont toujours “au clair avec eux-mêmes”… 

“Elle sait qu’elle peut tenir une semaine, un mois, trois mois - voir plus haut - elle est libre tout de même non, pauvre imbécile ! Surtout que de toute façon elle jouira tout de même mieux en prenant calmement tout son temps avec elle-même qu’avec un Chevalier-Sabreur du quart de seconde. Putain de différence.

Seulement le mec qui ne sait pas s’y prendre (s’y engluer…) commence, à la cinq centième fois, à se décourager. “Il ne sait pas y faire”. “C’est facile” (c’est les femmes qui disent cela : “C’est facile”. Les hommes aussi, d’ailleurs - quoique…)(sondez un mec, un peu, pour voir ? ) - l’homme donc, disais-je, celui qui ne sait pas s’y prendre, enfin pas très bien (il y en a ; des tas…) - se met à se poser des questions ; dans l’histoire, le sexe inférieur, c’est lui. 

 Alors il se traîne chez les putes, ou tout seul, chez lui, à l’abri - etc… A la six centième fois - là, je fais exprès - il s’aigrit. Il disjoncte. Et il y en a même qui violent. Aaah, aucune excuse : un viol, c’est un crime. Jusqu’à vingt ans - ça compense toutes les fois où le violeur a été relaxé. Ou relâché. Mais la tentation, la sale tentation, c’est d’aller tout de même, en se faufilant bien, dans un petit couloir dérobé de la taule, lui porter des oranges…

- Ah non alors là permettez c’est inadmissible ! Vous allez trop loin ! Merde, qu’il aille se faire soigner ! un violeur, c’est un malade ! » - bon, c’est par où, le sens du poil ? voilà… voilà… calme… vous savez, moi, j’ai 63 ans, quarante-et-un an de mariage, ce n’est plus mon problème - et dans le temps, j’étais très aimable avec les putes, parce qu’elles me tiraient une belle épine du pied, elles me disaient parfois : « Avec toi c’est sympa, parce que tu nous parles, au moins… » 

 Il paraît qu’ensuite, le client ne parle pas mais se tire vite fait, «parce qu’il se sent coupable ». Pas du tout. C’est parce que c’est fini. On n’a pas forcément joui (la femme n’est pas là pour ça, elle a d’autres moyens). Et puis, post coitum homo animal triste. ”Homo” ça veut dire “l’être humain” - tiens, la femme aussi… Maintenant que je sais que les femmes me prennent pour un potentiel violeur,  je ne les regarde plus ; “jamais dans le cadre professionnel !” - comme ledit cadre professionnel vous prend les 3/4 de la vie on ne risque plus de perdre son temps à draguer. Jamais on ne parle d’amour. Des fois qu’on se fasse poursuivre pour harcèlement. Les femmes passent raides, souriantes, au bureau, vachement aimables, “fraîches et efficaces”, décolletées jusqu’au nombril, la jupe au ras des trompes - sacrilège ! sacrilège ! comment osez-vous parler des femmes ! - bref la vie sans amour n’est plus qu’un avant-goût du cimetière. Voilà le résultat, messieurs les violeurs. Encore que je ne sois pas bien sûr, tout de même, que ce soient vraiment eux qui aient commencé - Ta gueule. A la niche. Allez couché, le pit-bull.”

5 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Et c’est reparti pour le gardien stagiaire…

Ah ce que ça fait du bien de recommencer à vous casser les berlons avec mes fictions à la mords-moi l’noeud… 

Une femme enfin, une prisonnière, attire mon attention (Kolenko cependant, bouclée, svelte, objectivement présentant mieux) - Salvadora, tel est son nom, moyennement atteinte, grand front, les yeux tendres, la mèche relevée. 
 Je l’aime si je veux car nul n’est amoureux, Seigneur, s’il ne veut aimer (Narcisse à Néron, Britannicus acte II) ou me le figure. Peut-on libérer Salvadora je m’en ouvre à la direction : réponse allusive. Je loge à présent Bloc Six, murs camouflés kaki (totalement inefficace) (hiver interminable et noir, seize degrés dans les chambres.) Les yeux bruns de mes collègues et de Salvadora trahissent une commune origine ; détenu dans l’éternité, qui a besoin de moi ? Dans la salle d’étude mixte je n’ai d’yeux que pour elle. Salvadora. Sous les maigres plafonniers les délinquants (déliquescents ?) courbés sur les tables lisent avec application ; si deux d’entre eux se rapprochent, la Garde Kolenko ou moi demi-soulevés de nos sièges leur intimons l’ordre de se taire. 
 Si c’est Kolenko je reprends la parole après elle. Parmi les punis le plus brun se nomme Eilath ; les autres gardes que moi vivent en ménage dans leur cube. Un matin très tôt je sors par temps froid. Je guette en ville au droit d’un porche plein cintre, à droite rue de Hemmes, à gauche, c’est vers l’ouest. A six heures (il fait noir) une herse se lève et rentre dans le mur et tout un flot de cyclistes s’écoule, casquette, vareuse, sacoches au cul : Eilath est engagé facteur, distributeur de plis - renvoyé, promu ? je ne suis pas amoureux, je dis “mon cœur” comme on dit “Dieu”, “cul”, facilité de langue. Quand la télé de l’internat (salle basse) diffuse “Championnat de Patinage”, il me vient des larmes à voir ces duos successifs si tendrement liés, si uniment, si charnellement, que tout sépare (sexe, homosexualité respective) en de si exceptionnelles voluptés coïncidantes - connivences du haut en bas du corps, parcelle à parcelle – au point que la plus infime discordance – faille - entraîne et précipite au sol, ignominieusement ; relevés sans délai souriant et tournant, sous les yeux humectés de l’assistance - un tel parallélisme assurément recèle plus d’amour et d’union que s’ils s’étaient unis charnellement, là, devant nous - la musique recouvre nos souffles, homme et femme soudés – sertis – tout autre chose en vérité que titillation/poussée/lubrification. 
Amoureux d’une femme, d’un mec, et d’uncouple de patineurs artistiques… Passionnant, non ? Je mets tout en gras, car pour ce qui est d’augmenter la taille des caractères, c’est nib de nib… 








3 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Revues en fiches

Merci aux restés fidèles. De retour chez soi. C’était le bon temps. J’avais envoyé sur “Hautetfort’”, trahison ! Un peu de grain à moudre, zamifidèles ? 


 ”C’est le même répertoire de revues. Il date de 2043. Je le lis depuis, mettons, l’Antiquité. Lettre S. P.40. P pour S.P., « service de presse ». J’enverrais donc ma revue à d’autres revues. Alors que j’entends bien rester la seule. Comme c’est curieux, la fraternité. Service de presse « périodique » : « épisodique » ne serait-il pas mieux indiqué ? Ou bien pas de service de presse. Mon cas. Zéro. Nada. « Mois d’expédition/réception ». Voici le mot mystérieux, l’abracadabra : JASONDJFMAMJJASONDJFMAMJJASOND : la succession des mois. En acronyme. Quel beau tableau, rectangles blancs. 0,3% de lecteurs utilisant ces tableaux à la con. Caractéristiques économiques – procédés, procédés, procédés. 
 Qui veut tout formuler se noie dans le formol. Prix 80.0 francs. Sadate, comme disait Anouar. C’est le « point zéro » qui me plaît. Dans le prix, pas à New York - wie komisch ! - franchement tu achètes, toi, une revue à quatre-vingts francs ? « Abonnement » 225 F pour 3 n°s - toujours franchement, tu as 225 F à foutre en l’air ? Plus que pour un livre entier, qui est tout un univers, cohérent ? Périodicité : quadrimestriel – quand trimestriel, paraît-il, constitue la limite à ne pas franchir pour assurer la fidélité du lectorat… « Numéros parus » : 8. Mon Singe Vert est à 68. Super. (74, maintenant). Vingt minutes de sieste à faire. Vingt minutes plus tard : des pensées à la con. Faire sécher le chat qui est tombé dans le ciment frais. Toujours aussi con. « Date dernier N° » : 01/05/42. C’est vieux de vieux. 
 J’étais déjà vieux. Rien ne me semble avoir existé de ce temps. Ni d’aucun temps. « J’ai vécu, bien inutilement, 62 ans » - politesse chinoise. « Diffusion » : Directe. Quod facio. M’adresser aux « points sensibles » ? Miser sur internet ? Faire un livre par an ? On a  a frotté le chat comme des malades. Je suis heureux. « Audience » : Plutôt Internationale. Modeste avec ça. Laideur irrémédiable de ses miaulements. « Collaboration » : Jamais rémunérée – il y en a qui rêvent… « Refus justifiés » : Au bout… d’un certain temps. « Retour des manuscrits » : Aux frais de l’auteur. Avec une bite dans la marge. 
 Il était pas content l’auteur, ah çà… « Publicité » : réponse en blanc. Nous avons quatre chats dont Brioche, qui vient des voisins. Ma fille est bien plus naturelle son mari est là. Partie d’échecs entre Anne et mon gendre. « Caractéristiques du contenu » - quand on sait que toutes les revues traitent grosso merdo de la même chose. (Poésie) entre parenthèses, Contes. A éliminer. Déjà. D’office. Critique de revues – tu en achètes une, tu les as toutes lues. Tous ces gens qui s’agitent en dehors de moi. Etude biographique. Je lis une étude biographique de Stendhal, ça, c’est émouvant. Plus que celle d’un Malraux, plongé dans la facilité, dans le bluff, dès sa sortie d’enfance. Infos sur prix/concours. Tout ce milieu qui s’agite, qui n’est jamais sorti de son trou, comme les cinéastes « pro », qui méprisent copieusement les « amateurs »…
 Je reviens près de D., qui utilise mon ordinateur. Il écoute Björk, l’oursonne, traîtresse à l’islandais. Photographie/Poésie. Ordre alphabétique de gauche à droite, d’une colonne à l’autre. Beethoven aurait-il composé pour l’orgue électronique ? Où se trouve Ingrid Béthancourt ? Bio-bibliographie: ce ne serait pas un tout petit peu exagéré des fois ? Où vont nos rapports à tous ? Ai-je remporté le morceau ? Tant de gens qui tiennent à moi ? Putain c’est du Christine Angot. Critiques de livres. Dessin « trait ». La revue bouffe-tout. Comme toutes. Chère et rare. Les éditeurs écument : non plus les revues, mais les blogs. Paraît-il. Histoire littéraire. Nouvelles - c’est LA revue du siècle, parole ! Photos ou dessins tramés. Je préfèrerais, tiens, l’actualité de la mode godassière. Louis, mon arrière-grand-père, précisait bien : « Savetier, pas cordonnier. Sur mesures. » Et le texte ? Le vrai texte critique de la revue ? Maintenant. Un peu tard. Trop tard.”Le temps qui m’était imparti…” - revue francophone. Tant de gens qui veulent le bien de la France. « … est une revue littéraire de récits, nouvelles. Je crois que la littérature est sur les blogs. Hachée. A chier, peut-être. ”

Ach ! Kolossale Finesse ! 

30 juin 2008 - 2 commentaires
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Petit congé à son pépère

A Montpellier (St Bauzille de Putois exactement) jusqu’au 29. Je ne manquerai pas de faire un saut jusque chez Frèche, pour un petit bonjour. A St-Gély du Fescq, aussi, en pélerinage pour Brassens, qui y est mort. A bientôt, surfez bien ! Semper virens…

16 juin 2008 - 2 commentaires
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Le règlement c’est lerèglement

Elodie parle de son ancien mari, Lamartic, : « Sans moi il y serait encore. J’écris au Professeur Vonderrede « Docteur ma nièce est morte d’un écoulement ploc, ploc dans le cerveau, par excès de médicaments, à 37 ans ». Vonderrede me convoque. Il ne m’impressionne plus, parce que du vivant de son père, Professeur Psychiatre, Herr Doktor n’osait pas ouvrir la cour. Sitôt papa mort il a autorisé les fous à se promener entre les massifs, tous portails ouvert ; un jour une grosse fille s’est réfugiée sur mon siège arrière en écrasant tous les ressorts. On me l’a reprise après cinq minutes et l’infirmière m’a engueulée. « J’ai lu votre “lettre humoristique” m’a dit Vonderrede fils, une lettre où j’exigeais la liberté pour Lamartic. Drôle d’humour. Alors mon Lamartic, il me l’a relâché juste avant le pont de l’Assomption. Sinon pont ou pas je revenais avec les flics. On m’a fait signer les décharges et je l’ai repris chez moi.

» Hermann s’est fait interner. Une nuit Hermann s’est levé : un dingue secouait la porte du dortoir en gueulant “Jacques ! Jacques !” La garde de nuit a engueulé Hermann. Il explique calmement : « Je suis allé trouver cet homme. Je l’ai calmé en le prenant par les épaules. Je lui ai dit : «Tu l’aimes, Jacques ? - Oui. Oui. - Il va revenir. » Et je l’ai ramené au lit. C’est lui qui gueulait, pas moi. » L’infirmière a braillé qu’il aurait dû se taire sans bouger. C’est le règlement

15 juin 2008 - Aucun commentaire
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J’adore pontifier

J’aimerais bien avant le grand saut lire 1) Les Lusiades de Camoëns, dont j’ai caressé le front à Lisbonne aux Hiéronymites, 2) l’ Orlando furioso de l’Arioste, mais en version complète et bilingue s’il vous plaît et non pas en tronquée des meilleurs passages érotiques, et 3) La Gerusalemme liberata du Tasse. Ce serait chiant, mais accessible, et je pourrais le mettre dans mon escarcelle. La Thébaïde de Stace en revanche m’intriguerait très peu. D’ailleurs j’apprécie d’avoir fini le texte même de cette Antigone de Sophocle. D’abord, je n’aime pas Sophocle : trop classique. Incolore, inodore, sans saveur, comme la cuisine de P.
Parlez-moi d’Eschyle : rude, qui frotte comme une corde sur une margelle de puits, comme le dit Aristophane “tophlattotratt,tophlattotratt…” Ca c’est de la tragédie, pompeux, ronflant, obscur…


Euripide se voit traiter d’ « infame » par Péguy, je dirais plutôt « faisandé » : toujours pourri d’arguties et de longueurs, sentant toujours plus ou moins l’alcove de femme négligée. Mais je préfère encore ces deux là au Sophocle, là, trop pur, avec [s]es yeux (…)”d’azur baignés” (Valéry). Et puis, ces traductions de l’Antique sont toujours d’une froideur, d’un manque absolu de tout naturel : qui a jamais pu s’exprimer d’une façon si marmoréenne, contournée ? Les traductions antiques semblent toujours empruntées, au sens nu du terme, empruntées de plus à quelque langue étrangère. Comme à partir de l’allemand traduit de l’anglais lui-même àpartir du grec…  On sent toujours que le traducteur n’a pas voulu s’écarter des traditions antérieures, du mot à mot bien chié, et qu’il est fort en thème.

Ce qui me passionne, dans les textes d’autrefois, ce sont les commentaires sans fin qui s’y adjoignent : voir les textes médiévaux, si passionnants quand un Markale ou un Duby les interprètent, chefs-d’œuvres de froideurs quand on s’y plonge, en français moderne : les femmes y sont toujours « les plus belles du monde », et la nourriture « la plus magnifique qui fut oncques ».
Sans oublier les plaisanteries qui durent des vers et des vers, comme l’accueil de Sosie par Mercure dans l’”Amphitryon” de Plaute, qui n’a jamais fait rire que son auteur et quelques ploucs aux mains sales. Sorti de Sénèque, dans la littérature latine, je ne vois pas grand-chose à sauver. Tacite, Catulle, soit. Mais Cicéron… Tite-Live… Si vous êtes constipés, çavous fera de l’effet.

Mais en grec, je me bats les flancs. Homère, soit. Mais Platon… Putain l’horreur… 

La souillure, c’est d’exister. Je me suis bien autocensuré ce soir. J’ai du farniente à rattraper.

Dans la voiture donc, au retour, je leur ai parlé de la légende d’Edipe (c’est exprès), sans mentionner l’oracle ni le meurtre de Laïos. Ce que je ne savais pas, c’est que ce dernier se rendait à l’oracle afin d’apprendre si son fils avait été réellement exécuté…

2 juin 2008 - 3 commentaires
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Déclin et chute

Ca ne va pas plaire, ou tout le monde va s’en foutre… Bof !


Sidoine Apollinaire, dernier écrivain latin. Lorsque croula l’Empire, en 476, il avait cinquante-six ans. C’était alors la fin d’une vie. Mais de son vivant déjà trônait une statue de lui en or, dans le vestibule du Sénat. Son esprit affaibli sombrait dans la plus niaise bondieuserie. C’était pourtant cet homme qui épousait en 456 la fille de son empereur, le premier empereur gaulois : un Arverne sur le trône de Rome… Puis les assassinats s’étaient succédé, Sidoine avait fui, toujours sa caste noble l’avait rattrapé par le collier.Ils lui avaient confié, les poètes de sa caste, la versification du panégyrique du successeur de son beau-père assassiné. Un panégyrique, c’est un long discours en vers à l’occasion de l’investiture officielle du Sénat, une sorte de sacre.
Beaucoup plus tard, courant 471, le voici élu second évêque de Clermont, l’année même où les Skyres envahissent l’Auvergne… Nous ne suivrons pas cette biographie. Nous dévierons de la ligne, nous interrogerons souvent la fiction. Savoir ce qui fascine dans Sidoine Apollinaire. Et ce qui ne fascine pas. Le fascinant d’abord : le temps des invasions. Il semble revenu . La nôtre prend l’aspect d’une inexorable infiltration. Comme une terre qui prend l’eau par au-dessous. “Nous autres civilisations, nous savons à présent que nous sommes mortelles”. Et certes les Barbares sont toujours vainqueurs, c’est ce que disent les historiens dans leurs revues d’histoire. Mais après 14, il y a eu 40, puis l’Algérie, puis le Viet-Nam – et notre carne de civilisation n’est toujours pas morte, Monsieur Valéry.
Admettons. Les civilisations crèvent comme les hommes.Mais nous nous battrons jusqu’au bout. Les choses sont beaucoup moins nettes que par le passé ; il n’y a pas d’exactions militaires. C’est bienplus pernicieux. Il faudrait savoir si des Romains étaient complices résignés. Je crois savoir qu’ils faisaient bien plus bloc que nous. Mais je suis certains qu’ils connaissaient eux aussi leurs collabos, leurs chantres du métissage. D’autre part notre civilisation, comme la romaine - ne périra pas, mais se transmettra, admirée, déformée, par d’autres véhicules, d’autres voix. Les Barbares transmirent les lois romaines. Mais à leur sauce.
Clovis lui-même s’est converti au christianisme. Je ne vois que Sarkozy, ou quelqu’un de sa trempe, qui possède un sens politique profond. Les autres, tous les autres, me semblent des épiciers cramponnés à leur calculette… (C’est là qu’il faut s’ hhhhindigner, citoyens ; de toute façon je me défile: je ne vote pas pour lui ; démerdez-vous avec ça si ça vous chante, je le fais bien,moi…) 
Je ne sais si je survivrai. Fin d’une immense civilisation.  Fin de moi (difficile…)
Allez,  ksss ksss  ksss…

1 juin 2008 - 4 commentaires
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Eh oui ! cré guié…

e fût-ce que Je savais encore bâtir plus ou moins une intrigue, il y a quelques années ;  celle de “Monségur 47″ par exemple, parfaitement oublié dans un placard, et dont j’étais si fier. Tout de même, j’étais moins balourd que Noullet ; mais le thème était le même : recherche de racines - entre les deux tilleuls, près des portes vitrées de la classe. C’étaient les hauts lieux du village, les écoles.
On pensait peut-être que l’instituteur était un fainéant, mais on n’osait pas encore le lui gueuler sous le nez – encore que –… j’idéalise… Les fables, les tables de multiplication, je fais du Brigitte Bardot ma parole. J’étais dans mon roman le fils de l’ancien, très ancien instituteur, en retraite, remplacé, par le Remplaçant justement, l’Usurpateur. Mon œuvre n’avait pas de dénouement. Je ne l’avais pas fixé à l’avance, comme il se doit d’après les manuels du parfait-petit-compositeur-littéraire ; il eût fait beau voir que je me soumisse à des règles ! ou que j’admisse qu’il existât, aussi, des métiers d’ordre littéraire, comme éditeur, correcteur, metteur en pages ! C’était sacré, la littérature, j’étais le seul et j’étais le meilleur ! ça se verrait, ça sauterait aux yeux ! pas question d’améliorer ne fût-ce que  ma présentation, j’envoyant des manuscrits tapés au carbone ! A quarante ans passés encore ! Son sort, on le porte avec soi. …Et la voix fraîche de la maîtresse (poursuivons notre lecture) dicter les données d’un problème de fractions. Elles n’ont pas la voix fraîche, les maîtresses ; criardes plutôt…
Mes collègues femmes ressemblaient la plupart du temps à des tas de chiffons, à des quinquagénaires surannées dès trente-cinq ans, ravagées par la masturbation et la vie conjugale, l’une n’exclut pas l’autre. Les hommes, pas mieux. J’aimerais revivre un dimanche d’enfance, à condition de ne plus  être enfant justement, ce froussard agressif sous les éternelles engueulades. Je jouais aux cartes sur le mur de séparation des Balin, dont je voulais épouser la fille, Thérèse. Le tintement de la cloche de l’église – ou bien revoir l’abbé, sans cette dévoration de culpabilité pour ne penser qu’aux choses du sexe, ce qu’il appelait de façon ô combien sotte “mal élevées”. Aucun adulte n’est à la hauteur…

31 mai 2008 - 1 commentaire
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Les bienveillantes

«Vous êtes révolté ? créez un blogue.» Voilà c’est fait. Je n’ai toujours pas pensé à me concentrer cinq minutes. Cela mettra des mois à s’établir. Si tu lis après ma mort je n’en ai rien à foutre.
Fillette de onze ans succombant nerveusement aux pressions insensées de sa mère et de sa grand-mère. Même en tablant sur la résilience. Surcharge d’âme. Je voudrais intervenir il me faudrait être bigame. Si j’épousais V. je sauverais L. C’est mathématique.
Les Bienveillantes témoignent d’un sens de la langue exceptionnel. Cet homme doit savoir cinq langues. Jusqu’ici pas une faiblesse détectable, il capte. J’espère toutefois qu’il se manifestera. Quelle connaissance. Est-il possible qu’il faille aux criminels des mois voire des années pour accéder aux sources desséchées de la morale. Est-il exact que ce serait moi ; ou vous. Ces cobayes envoyant des décharges mortelles sous contrôle médical. V. me dit : « Tu es lâche. - Pardon Véra, ce lâche fait partie de moi.” Prédestination. Elle se calmerait, elle cesserait son défoulement sur la petite.
Le héros des Bienveillantes drague homosexuellement. Pour convaincre l’homme, il lui fait lire Le banquet de Platon. Il m’a fallu des années pour venir à bout de ce pensum boursouflé. Qu’un militaire cultivé ait pu le lire en une semaine, à d’autres. Un camarade de chambrée rêve à haute voix. Il demande de n’introduire que la moitié - ce n’est pas la longueur qui peut endolorir, mais le diamètre. Les femmes le savent. Je parle des organes creux. Le pénis jouit peu. Noter qu’on peut s’inhiber, bien malgré soi, en dénigrant son corps au dernier instant.
Un vrai homme accumule ses conquêtes féminines. C’est encombrants comme tout sexe, disons comme toute vie tout court ; prétexte de vieillesse pour ne plus rien faire de chez rien du tout ! Plaisir d’être à l’autre bout de l’existence ! plus rien à prouver. Je disais à V. : Les critiques ne m’ont jamais ce que j’aurais dû faire. Si je le faisais, et que cela ratât, touille, ils ajoutaient “c’est parce que tu ne t’y es pas pris comme il faut. » - je pourrais vraiment supporter Véra désormais.

25 mai 2008 - 1 commentaire
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“C’est un scélérat qui parle” (note de l’auteur en bas de page, dans Ta Truffe, de Molière)



…Eh oui braves gens, il était une fois un personnage qui s’appelait le Singe Vert, et qui disait des conneries… euh, des vérités… putain je sais plus… Si on ne peut plus jouer sur les deux tableaux, ce n’est plus la peine de vivre… Et comme disait Simone de Beauvoir (à toutes les sauces…) « On ne fait pas exprès de penser ce qu’on pense »… Et comme disait je ne sais plus qui : « JE SAIS BIEN, MAIS QUAND MÊME… »

Ça, c’est le préliminaire explicatif. Bon, ce n’est pas Mein Kampf…

« Je lis et relis les mêmes éternels et sempiternels mensonges rabâchés par les journalistes “en mal de copie” convertis en sociologues d’un coup de braguette magique. Le credo de ces nouveaux bêlants est en effet désormais d’aller partout clamant que “la femme, ça y est, est libérée, choisit les hommes, drague, revendique son autonomie, son indépendance, et baise à tire larigo tandis que l’homme, le pauvre, complètement largué, ne parvient plus à assumer, se recroqueville, crie “maman” dès qu’on le touche et prétexte le mal de tête pour se dispenser de passer à la casserole.”

« Et nos sociologues d’occase de remarquer finement que la Fâme est en tête de la pointe de la flèche du progrès, alors que l’homme, ce pauvre couillon rétrograde, se “cramponne à ses privilèges” et ne sait plus à qui se vouer, partagé entre la démission, l’effémination (les putes n’ont-elles pas en effet paraît-il besoin de plus en plus de bougies dans le cul de ces Messieurs pour les faire bander, c’est le dernier scoop, très peu pour moi merci) - bref, les mâles déchus voient enfin battre en brèche leur puante suprématie.

“Les étudiantes américaines”, écrivait je ne sais plus quel journaleux des années 60 - des années 60 ! - “revendiquent désormais ouvertement une activité sexuelle auprès de leurs compagnons, qui ne semblent plus en mesure de les satisfaire” - des étudiantes américaines ? dans les années soixante ? Mais où t’as vu ça, mec ? Entre elles, oui ! quand je pense qu’elles en sont encore à te foutre un procès dans les pattes pour peu que dès que tu les regardes en face plus de trois secondes ! Telles sont les conneries qu’on lit depuis plus de trente ans dans les magazines…

« Eh bien je vais vous dire, moi, ce que j’ai remarqué ; non pas la vérité vraie, mais ma vérité à moi qui Nom de Zeus en vaut bien une autre. Lorsque le Phphéminisme a commencé à se manifester, dans les Dix Glorieuses 68-78, j’ai eu très, très, très exactement l’impression de réentendre les jérémiades de ma mère et de ma grand-mère. Les Fâmes ne manqueront pas de me faire observer que c’est bien la preuve de la pérennité de ce sentiment d’oppression, et que “de tout temps, en tout lieu”, la femme s’est sentie brimée par l’homme. Exact. Mais voyez-vous, entendre rabâcher ces récriminations sitôt qu’on ouvre la bouche pour engager une conversation d’amour ou disons “de charme”, c’est proprement refroidissant.

« Pour l’érotisme, c’était râpé. Ma mère et ma grand-mère considéraient l’acte sexuel comme barbare, inutile et dangereux. Je me souviendrai toujours de cette suave initiation pratiquée par ma grand-mère - qui me l’avait racontée avec fierté, comme preuve de son modernisme et de son ouverture d’esprit, à l’égard de je ne sais plus quelle petite fille :
- Et tu as déjà vu un zizi ?
- Bien sûr, celui de mon petit frère !
- Et tu sais que ça peut être dangereux le zizi, qu’il faut y faire attention, que ça peut donner des enfants ?” - quelle horreur en effet ! ça viole, ça défonce et ça féconde ! Autrefois, une femme sur trois mourait en couches à son premier enfantement. Ça ne les a pas quittées. Dans un film de Blier, Gérard Blanc craint de se faire mettre par Gérard Depardieu. Sa femme lui dit :
- Il me le fait bien à moi !
- Oui, mais moi je suis un homme !
- Et alors ? mais c’est la même chose, mon vieux ! on se fait pénétrer ! il faut y passer, ça vient vous buter dans le fond ! » Beurk. Pouah. Bon, ce n’est QU’un film… Autre propos fleuri, de ma grand-mère :
- Y avait les poules à rentrer, les lapins et le cochon à nourrir, le repas à préparer, et des fois à onze heures du soir la journée n’était encore pas finie !
Merci grand-mère. Et tout à l’avenant.
- Mais il n’y a pas que ta grand-mère dans la vie !
- Non, il y avait aussi ma mère, et toutes les bonnes femmes qui fréquentaient ma mère, qui se ressemble s’assemble.

- Et ça ne t’est jamais venu à l’idée de sortir du milieu de ta mère ? (elle est fine, celle-là) - C’est indélébile coco, les premières impressions. Toujours est-il que démerdez-vous comme vous voulez, refaites-moi mon passé, vous le connaissez mieux que moi pour sûr,  j’ai entendu cela partout, quelle que soit la femme : les hommes sont de gros dégueulasses, point. Il y en a même qui vous proposent de coucher avec vous, chère Marie-Claire, je suis très embarrassée : je croyais pourtant que cet homme m’aimait, or, voyez ce qu’il ose me demander… »

20 mai 2008 - 7 commentaires
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Moins on croit en Dieu, plus on en parle…

Rappel : L’auteur de ces lignes, vivement froissé de ne pas faire partie des programmes scolaires depuis plusieurs décennies, a décidé de faire suivre ses textes immortels de notes explicatives, afin de faire connaître à ses lecteurs la profondeur de son auguste pensée.  Comme ça, il se la pète en douce…


DIEU EN SOI (75)
Rien ne garantit que l’intuition, ou la raison seules, m’eussent mené sur la bonne voie : l l’ignorance et la malédiction humaines l’emporteront toujours (76) De Gilgamesh à Faust, la seule chose qui importe est de se garantir, seul animal dit-on qui sait qu’il doit mourir : “Si vous goûtez de cet arbre de vie… » - nous en avons goûté, nous sommes morts - « vous connaîtrez le bien et le mal » - nous sommes dévorés de différences - « et vous serez comme des Dieux » - mais n’est-il pas vrai que tout dieu abolit toutes différences ? toutes contradictions poussées à l’extrême et cependant fondues ? toutes découvertes ne sont-elles pas conjointement le plus grand blasphème et mort du dieu, son remplacement et sa succession ?
Alcmène, mère mythologique et véritable d’Héraklès, répond à Zeus (il ne s’agit que d’une obscure famille picarde) : “Ne me parle pas de ne pas mourir tant qu’il restera un légume immortel” (Amphitryon 38 Acte II Scène 3). S’il n’y a plus de mort, tenant compte des infinies possibilités des temps, toutes les virtualités successives oou simultanées de l’homme s’accompliraient, il ne serait plus alors besoin d’une multitude d’hommes, et seul serait Moi-Dieu ; qu’importerait alors qui je suis, ou mon nom. J’aime donc qui je suis à présent, nommé dans et par ma mort, mon corps et ses déplacements, et sur ma tombe les hommes liront : Ci-gît Héraklès, homme de lettres - deux dates avec le trait d’union. C’est donc pour l’épitaphe seule que je vis, le nom, et non l’éternité, son exact contraire.

Notes
(75) Le texte vise à se hausser au niveau de la recherche métaphysique. Nous avons affaire ici à des réflexions assez élémentaires, sincèrement ressenties, mais volontiers boursouflées.
(76) Il ne s’agit donc plus seulement de neutraliser les forces maléfiques de Gaston-Dragon, mais de découvrir, ou d’approcher, à l’occason de cette quête, les mystérieux rapports ou oppositions entre l’homme er le Divin.

30 avril 2008 - 1 commentaire
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Jeux de mots, tard…

En salle des profs : un collègue vend un fauteuil ; j’inscris “fauteuil transformable en vrai teuil”. Certains apprécient, d’autres pas du tout.
Ma vie, succession d’anecdotes…Ma conversation se résume souvent à ça. Peut-être que je n’ai rien à dire. Il m’en vient quantité d’autres : celle de ces jeunes employées vietnamiennes qui me parlaient d’enfiler je ne sais quelle liasse de papier dans je ne sais quelle réglette ; et moi, d’un ton de pédé : “L’enfilage, vous savez, ce n’est pas mon truc.” Dans mon dos, deux clients : “Je trouve ça très fort. - Non, moi je n’aime pas les gens “comme ça”. Par association d’idées : “Tu te sers, Viêt” (je n’ai jamais osé le dire à Raymonde la Vietnamienne). “Moi j’écarte et toi tu enfonces” - volontiers, Raymonde - il s’agisssait, ne vous méprenez pas, d’enfoncer à l’intérieur d’une pince métallique deux plaques de verre enserrant bien étroitement une photo de famille… C’était déjà nul auparavant (chinois), mais là je suis lucide ; je me demande imprudemment impudemment ! (…hein, plus d’amants…) - “qu’est-ce que je peux leur bien apporter aux autres ? …eux qui, dans leurs blogues, essayent de faire plus nul, sans toujours y parvenir ? avec leurs anecdotes à eux ? Qu’est-ce que je pourrais bien faire de neuf ? (à part fermer ma gueule, oui, bon…) - va-t-il falloir abandonner cette peau supplémentaire derrière soi dit le sanglier ? vite, vite, une dernière mue…
Le prof défend les petits
Un grand con tabasse un petit con dans un coin. J’ai dans ma poche, à même, un fromage dégueulasse, puantissime ; je tape sur l’épaule de l’élève qui n’a que le temps de se retourner, qui se prend le fromton en plein crâne et je hurle : Camembert disciplinaire ! … Six mois plus tard dans le train de banlieue j’entends des passagers : “Y a tout de même des profs qui sont vraiment graves tout de même, c’est pas possible. L’autre jour un élève s’est pris un calendos en pleine tête…” Assis juste à côté je me pisse dessus en serrant les lèvres à me péter les mâchoires… Putain ça fait du bien…

27 avril 2008 - 2 commentaires
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Ah les filles, ah les filles…

3857. - Bien que ce soit mon pays, c’est un triste pays, avouons-le. Je me sens submergé par le flot de la bêtise qui le couvre, par l’inondation du crétinisme sous lequel il disparaît. Et j’éprouve la terreur qu’avaient les contemporains de Noé, quand ils voyaient la mer monter toujours.
Gustave Flaubert


Quand la première te dit “T’es trop con”, la deuxième “T’es trop moche”, la troisième “Tu dis que des conneries”, la quatrième “Tu t’es regardé ?” la cinquième “T’es trop bien pour moi”, la sixième “Va chier”, la septième “Je me réserve pour celui que j’aime”, la huitième “Je ne t’aime pas”, la neuvième “Tu ne m’aimes pas”, la dixième “T’es pédé”, la onzième “Je suis lesbienne”, la douzième “Je suis pas une pute”, la treizième “On voit bien que t’as pas envie”, la quatorzième “T’as vu ta gueule?” , la quinzième “T’as vu tes fringues”, la seizième “Tu pourrais faire un effort”, la dix-septième “Tu bandes même pas”, la dix-huitième “T’es vraiment le gros porc, si tu me demandes ça c’est vraiment la preuve que tu ne m’aimes pas” -lu en toutes lettres dans un Courrier du Coeur - la dix-neuvième “Tu sais que raconter des histoires de cul”, la vingtième “Tu pues des pieds”, la vingt-et-unième “Ton pote il est tout de même plus mignon”, le vingt-deuxième “T’as vu ton vélo à la con ?”, la vingt-troisième “T’es un radin”, la vingt-quatrième “Tu es toujours sous la coupe de ta mère”, la vingt-cinquième “Tu as pensé à ce que va dire mon père”, la vingt-sixième “Tu es toujours fourré chez tes parents”, la vingt-septième (on passe aux chiffres parce que ça commence à être épuisant) - la 27è “Je quitte pas ma copine”, la 28è “Je quitte pas ma soeur”, la 29è “On va déménager”, la 30è “Y a un gros chien qui monte la garde au pied de l’escalier”, la 31è “Ma proprio va s’apercevoir que je reçois quelqu’un”, la 32è “Tu es trop prétentieux”, la 33è “Tu manques de caractère”, la 34è “J’aime pas les puceaux, la 35è “Y a des putes pour ce que tu me demandes”, la 36è “Allons à Jésus”, alors là je dis stop.

28 février 2008 - 8 commentaires
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Un bouaiser s’iél vô plé

 

Je sors de la représentation d’ “Un baiser s’il vous plaît”. Un seul adjectif rendra compte de mon impression : c’est i-gnoble. J’explique. Déjà, Virginie Ledoyen me semble dégager à peu près autant de charme qu’un bidet de salle de bain. L’acteur “”Nicolas” serait bien, de tête, mais la toison répugnante qu’il arbore sur la poitrine assimile aussitôt pour moi la simple idée qu’une partenaire puisse désirer se frotter à ça à une véritable déviation zoophilique. Il aurait pu au moins se raser avant de tourner. Quant au mari italien, il est, tout simplement, transparent.

Mais ça, c’est “des goûts et des couleurs”. Passons au fond. Le Nicolas se comporte avec les femmes de façon veule, lâche, parfaitement paniquée : “Est-ce que je peux caresser Un sein ? l’autre sein ?” - si les rapports entre hommes et femmes en sont arrivés là, bravo les féministes, c’est en effet ce qu’elles ont voulu, bravo, bravo. Bientôt pour avoir la permission de faire l’amour il faudra remplir des imprimés en plusieurs exemplaires. Notre “héros” en arrive même à éprouver de la honte devant une pute. Il faut le faire. Bien sûr les clients de bordel sont des salauds et des criminels. J’allais le dire. Quant aux femmes de ce film, je pensais qu’elles n’existaient que dans les replis ténébreux de ma parano, dont tout le monde faisait des gorges chaudes en se foutant de ma gueule : eh bien non, quelqu’un a eu l’idée de les faire figurer dans un film très exactement telles que je les ai personnellement expérimentées : froides, algébriques, une calculatrice à la place du coeur et du cul, perverses, manipulatrices, décidant si ça vaut la peine de jouir ou non, en tout cas freinant des quatre fers pour ne pas y arriver.
Et je me suis félicité d’avoir juré d’épouser la première qui, sans que je payasse, voudrait enfin de moi qui étais moche, mal fringué, pauvre, tiqueux, clownesque et ridicule. Bien m’en a pris. J’ai eu les inconvénients de la fidélité (relative) certes, et pas mal de tuiles relationnelles, mais au moins sur un pied d’égalité, de réciprocité, de respect. Au moins je ne serai pas tombé à ce degré de veulerie, de bassesse et d’abjection, que j’ai toujours pressenti chez les hommes (ou alors, ils sont méprisants, machos et brutaux, ce qui est pire, vous voyez j’en ai pour tout le monde…) Je me réjouis d”avoir réduit mes rapports avec les femmes au minimum, ce que je fais aujourd’hui encore, allant jusqu’à éviter de leur adresser la parole, et même, je me réjouis d’être devenu à peu près impuissant (j’ai 63 ans, chacun son histoire) - putain, bon débarras.

La seule chose à sauver, trop rare hélas, c’est la musique de Schubert, j’aurais préféré en écouter deux heures en fermant les yeux, pour ne pas voir le sexe des interprètes. Si j’ose dire. Ce film est un monument de misogynie, et les hommes sont encore plus cons et plus lavettes que les femmes ne sont cruelles. C’est peut-être de l’excellent cinéma, mais je ne m’y connais pas assez pour en juger.

Et je ne suis pas près d’aborder une femme. J’espère que j’aurai bien fait rire. J’ai toujours été à peu près le seul à penser comme je le pensais, sur toutes sortes de sujets. A bientôt les hédoniste…

 

 

11 janvier 2008 - 2 commentaires
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La langue, ouste !


LE SINGE VERT N° 13 - LA LANGUE, OUSTE ! 80

 

 

 

 

Désolé. Ces Messieurs du “Larousse 2000″ font fausse route. On ne dit pas “Eûûûdipe”, ni “eûêûeûsophage”, ni “eûeûeûnologue”, mais édipe, ésophage, énologue, écuménisme. D’ailleurs, on continue à dire “cœlacanthe - sélacante”, et “œstrogène - estrogène”. L’usage… Je t’en foutrais de l’usage - quand il suffit désormais que trois présentateurs ignares et suffisants (Jean-Claude Narcy : des-noms, des-noms !) se mettent à estropier la langue française pour qu’une armée de couillons leur emboîtent le pas. Je les entends d’ici, les braves médecins qui m’annoncent que j’ai un “eûeûeûdème” :

- Mais enfin, Monsieur, c’est moi qui m’y connais en médecine, pas vous !

Certes, certes ; mais en langue française, c’est moi qui m’y connais. Prof de français, ça vous a un petit air facho, non? est-ce que vous auriez par hasard la prétention de tout savoir aussi tant que vous y êtes sur le moteur des ambulance? Le petit air dédaigneux avec la tête en arrière, ça n’a jamais été un argument. Même chose avec les eûeûeûnologues… “Ca fait vingt ans que je fais le métier, vous n’allez tout de même pas m’apprendre comment il se prononce ?”

Si.

Je sais qu’un jour j’ai tourné le bouton de France-Culture parce qu’une jeune pétasse surdiplômée y tenait une conférence sur “Heûeûdipe”, et que c’en était tellement insupportable de prétention ridicule que je lui ai coupé le sifflet. J’ai même écrit à je ne sais plus quel metteur en scène qui a fait représenter la tragédie de Sophocle à ( et non pas en) Avignon (”en”, c’est pour le territoire papal, qui n’existe plus, “à”, c’est pour la ville) - en lui disant combien j’espérais qu’un homme sérieux comme lui, disposant sans doute de grands moyens d’information, n’avait pas défiguré un texte antique et quasiment sacré en le plombant par cette prononciation à la con.

Vous pensez bien que je n’ai pas obtenu de réponse. Monsieur le Grand Metteur en Scène a tout de même autre chose à foutre que de répondre à un pékin sans le sou et sans influence. Cette prononciation fautive ne remonte pourtant qu’à une vingtaine d’année. Il en est de même des “o” prononcés “eau” : “accent local” paraît-il - pas du tout ! Depuis quand prononce-t-on “Anderneausse”, “Pisseausse”, “Biscareausse” ? Bande de Parisiens ! Un eausse, au lieu d’un os ! Tas de nazes, ça se prononce comme une “brosse” !

Le dernier qui m’a parlé d’un “eausse”, je lui ai répondu : “Alors comme ça, tu vas à l’ékeaule avec ta petite careaute dans la culeaute” ? Je ne l’ai plus revu le type. Soyons juste, je savais que je ne le reverrais plus. C’est loin le Loir-et-Cher, quand on habite la Gironde et qu’on est

fauché chronique (”L’homme est un roseau pensant, la femme un roseau dépensant”, c’est de Guitry je crois).

Que les gens du Midi soient incapables de distinguer “la Beauce” de “la bosse”, “les Causses” de “l’Ecosse”, “l’ébauche” et “les Boches”, eh bien soit ! il serait culturellement criminel de réformer l’assang. Mais je ne peux supporter le tic inverse qui consiste à fermer tous les “o”. j’ai entendu parler du département de l’ “Yeaunne”, et de “neautre envoyé spécial à Reaume”.

Tous ces phénomènes sont très récents, une vingtaine d’années tout au plus. J’ai vu un péplum où les plus âgés prononçaient correctement le nom des îles grecques, “Samos”, “Lesbos”, comme “la force”, alors que le jeune héros s’obstinait connement à prononcer “Séripheausse”, “Lemneausse”. Que dire de ce grand comédien qui répétait “Don Juan” de Molière - sans cesse la même phrase, en soignant l’intonation, bien sûr.

Eh bien, son maître le laissait prononcer “Don Gueusman” à l’anglaise, alors qu’on doit prononcer “Gousmann” si l’on se réfère au contexte espagnol, ou “Güsmann” à la française, mais pourquoi diable prononcer à l’anglaise ? Comment voulez-vous que je prenne au sérieux le travail de ce professeur de théâtre, ou le jeu de cet acteur ?

Que dire de ce traité de prononciation et de travail sur la voix destiné aux comédiens qui passe tout un premier chapitre, illustré d’un beau croquis en coupe montrant le point d’appui de la langue par rapport au palais, qui se fonde sur l’exemple de “Paul” opposé à “pôle” ? Mais pauvres plâtras que vous êtes, ça se prononce exactement de la même façon ! Quand vous voulez railler l’accent du Midi (lequel, d’ailleurs ? moi je reconnais un Marmandais d’un Carcassonnais…) en parlant de ses opinions “de gôche”, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil ; l’accent circonflexe rétablit justement la “bonne” prononciation, la parisienne voyons…Des épaules, un rôle, la gauche, o fermé ; un vote, un code, la goche cong (si vous y tenez) - o ouvert. Malgré cela le nombre d’indigents qui procèdent au “veaute”, et qui consultent le “queaude” ! - à moins que ça ne soit pour rapprocher le français de la prononciation de l’anglais, eurêka !

Un jour je me suis promené à Séville, et alors que je venais d’acheter mon billet pour visiter la Giralda (j’écorche l’espagnol, mais on me comprend), quel ne fut pas mon frisson horrifié lorsque j’entendis haut et clair, avec la visible satisfaction de la gonzesse à la page, une voix perçante et snobinardement féminine converser en anglais avec l’accent français avec le guichetier !

- Je suis à la pâââge, coco, je speak english, moâ ! » Putain j’avais l’impression d’avaler une grand giclée de ketchup dans ma paëlla… L’hor-reur ! Quand on va en Espagne, on pourrait se fatiguer à apprendre quelques mots d’espagnol, non ? Ca écorche la gueule, peut-être ? Rien ne m’avait plus vexé, en Italie et en Espagne, de me faire adresser la parole en anglais parce que mes connaissances en italien et en espagnol étaient imparfaites…

C’est inimaginable : ma cousine, en vacances en Allemagne pour se perfectionner en allemand, parlant en anglais avec sa correspondante, en accord avec elle, “parce que c’était plus facile” ! Oui je sais, je m’indigne de peu de choses, et ce qui m’indigne pour l’instant au Kosovo, c’est d’entendre Kouchner mâchouiller un anglais de pacotille pour s’adresser aux populations.

Ce serait pourtant l’occasion rêvée, quitte à utiliser un interprète, de parler le français ! On va me traiter d’impérialisme : et l’anglais, il n’est pas impérialiste, peut-être? Il ne manque certainement pas de Serbes et d’Albanais qui ont des notions de français pour être venus travailler en France ! Mais l’anglais, ah mon pote ! ça fait tout de suite plus sérieux, c’est à ça qu’on voit un homme politique de stature internationale !

…Quoique Kouchner…

Je sais bien, chers imbéciles, qu’il y a vraiment d’autres sujets d’indignation au Kosovo… Il faut tout vous dire à vous autres… Déjà, toute notre chanson a failli basculer du côté de l’anglais. Le français, ça fait ringard, ça fait fasciste. Heureusement que la loi - c’est fasciste, la loi - et Toubon a l’air con, mais s’il a fait une chose de bonne pendant son mandat, on ne va tout de même pas le lui enlever - impose un quota de chansons françaises ! Il faut faire très attention : si l’on abandonne un domaine à l’anglais, il s’en saisit, et il ne lâche plus jamais prise.

C’est comme Gibraltar. Au nom de quoi nous inflige-t-on sur Euronews (ce titre !) les bandes-annonces en anglais ? “On reçoit les émissions comme ça”. Et vous n’avez pas un budget, ne fût-il qu’ultra-minime, à consacrer à des panneaux en français ? Quand je lis la température qui règne dans les différentes villes d’Europe et du bassin méditerranéen, pourquoi “Prague”‘ est-il en français, et “Cairo” en anglais ?

Pourquoi la chaîne de la mire, la numéro 8, m’inflige-t-elle le matin les informations en américain à jet continu ? Pourquoi les publicités sur Eurosport sont-elles en majorité en anglais ? Jamais en grec ? la Grèce ne fait pas partie de l’Europe ? Pourquoi - c’est infiniment plus grave - les films américains aux Pays-Bas ne sont-ils plus sous-titrés ?

Alors comme ça, en Hollande, quand on veut aller au cinéma, il faut savoir l’Anglais ? et les Néerlandais ne protestent pas ? Vous croyez vraiment que les Flamands, de l’autre côté de la frontière, supporteraient ça ? Et c’est ainsi que petit à petit, sournoisement, des études scientifiques supérieures à la chanson en passant par la pub et le cinéma, nous nous faisons coloniser, changez trois consonnes, et vous saurez ce que je pense.

J’ai failli m’engueuler avec un metteur en scène parce qu’il proposait chaudement, à l’instar de notre ineffable Allègre, que l’anglais soit enseigné dès l’école primaire à nos chers enfants, qui ne savent déjà pas le français. “Comme au Québec”, disait-il - et le nombre de ceux qui seraient prêts en France à cette forfaiture est incroyablement élevé. Mais mon pauvre, au Québec, les gens sont tout bonnement obligés de parler l’anglais ! Ils seraient autrement complètement perdus ! Il y a autour d’eux et parmi eux toute une population parfaitement anglophone, et qui a parfaitement le droit de parler sa langue ! Mais en France, où est-ce que tu va la trouver, cette population anglophone ? - en Dordogne, diront les mauvaises langues - mais plaisanterie à part, à quoi cela rime-t-il de déstabiliser le peuple français en entier pour une lubie de technocrate ?

L’argument économique ne tient pas : les Etats-Unis (les States) sont la première puissance économique mondiale - et alors ? Si dans trente ans c’est la Turquie ou la Chine - vous connaissez l’avenir, vous ? - il ne suffit pas de renverser la tête en arrière pour connaître l’avenir - faudra-t-il mettre tous les enfants de France au chinois ou au turc ? langues aussi respectables l’une que l’autre d’ailleurs.

L’unité de langue n’a jamais garanti contre la guerre sous prétexte que “les gens se comprendraient mieux”. Le nombre incroyable de guerres civiles depuis que le monde est monde est là pour l’attester. En tout cas le jour où la loi du bilinguisme passe, je descends dans la rue avec mon flingue (en fait je n’ai que ma gueule), ou je le fais prendre aux autres. La France n’est pas le Canada, n’a pas eu l’histoire du Québec, la nation française, la façon d’être française est un réalité, l’amour de son pays et de sa langue n’est pas du fascisme, et je suis à fond pour l’enseignement des langues régionales. Mais ne modifions pas l’article de la Constitution concernant la langue officielle unique de la France, sinon l’anglais va s’engouffrer là-dedans comme une déferlante.

J’en suis même venu à me demander si ces campagnes en faveur du breton, de l’alsacien, du corse, de l’occitan, excusez-moi si j’en oublie, n’aurait pas été financée en sous-main par les Etats-Unis. Ils n’auront pas l’Alsace et la Lorraine, et nous n’aurons pas le maïs transgénique. Tiens pour une fois on a gagné. Cependant j’ai lu une petite annonce à L’ANPE : “Recherchons hôtesse avec l’accent anglais ou suédois”.

Putain vive Stockholm.

Et je ne suis pas du Front National nom de Dieu. Le premier qui vient me dire “Mieux vaut l’anglais que l’arabe” reçoit ma main sur la tronche. Et le danger ne vient pas que de l’anglais, en tout cas sûrement pas de l’arabe : il vient des Français eux-mêmes, qui considèrent la rectification du langage de leurs ancêtres comme une atteinte à la liberté de la langue. Il faut voir le déferlement de hargne qui saisit une classe dès qu’on veut lui faire prendre conscience d’un défaut de prononciation…

Sans oublier ces profs de faculté qui ont transformé l’enseignement du français en véritable casse-tête à la Diafoirus. Bedos dixit en effet (gloire à lui), qu’il y avait maintenant “autant de rapport entre l’enseignement du français et le désir de la belle littérature qu’entre l’amour et la gynécologie”. Bravo Guitou. Mais la prochaine fois que tu parles du “feûeûeûtus” sur la scène, je me lève de mon siège à 150 balles et je hurle dans mes mains en porte-voix : “Fétus ! respecte ta langue, banane !” Je risque de me faire ramasser, car tu as le sens de la répartie. Mais j’espère bien être applaudi avant.

Une jeune fille de quinze ans à qui l’on apprenait la juste prononciation du mont “encens” (”ansan”) : “Ah moi, j’ai toujours prononcé “encenss” ! - Toujours, Mademoiselle ? à quinze ans ? surtout que le mot doit vachement faire partie de votre vocabulaire courant tiens. Ca me rappelle Labarrère maire de Pau qui côtoyait sur un plateau de télévision une Haïtienne versée dans le vaudou. Elle prononçait “Du ensan”. Le maire a rectifié, outragé : “Vous voulez dire de l’encenss” ? - ce que c’est tout de même d’être cultivé… J’adore les anecdotes. Une de mes costagiaires s’était évertué à lire tout un texte devant ses élèves, sur les usines “Citro-Un”. Le tuteur lui fit remarquer fort justement qu’on prononçait “Citro-hène”. La gonzesse était furax.

“Dans ma famille Monsieur, on a toujours prononcé “Citro-Un”. Tout juste si le tuteur ne lui a pas dit qu’on n’en avait rien à foutre de sa famille : “A quoi sert le trémas alors?” C’est vrai, dès qu’on touche à la prononciation des gens, on a l’impression qu’on touche à leur braguette. Et on en rajoute même dans la lâcheté. Pour ne pas leur donner l’impression qu’ils ont fait une faute, on la reprend. Je me souviens d’une émission avec Bernard Pivot où un certain Monsieur Umberto Eco, puissant linguiste, avait été invité. Il parlait du “Capitaine Achab”, en écorchant “Ashab”. “A-kab !”

criait-on devant l’écran ; “A-kab ! ” - eh bien pas du tout, Pivot-le-Courtisan (pléonasme) lui a resservi du “Ashab” comme sur un plateau. Vous savez, le coup du rince-doigts qu’on avale…

Et cet autre bouzilleur d’art, du genre à exposer une salle de bains en petits morceaux, qui prononçait “l’embaument” des momies ? Le présentateur lui a aussitôt lèche-culement renvoyé de l’ “embaument”, pour qu’il ne soit pas dit que Monsieur le Bouzilleur avait commis une erreur grossière. Alors vous allez me dire : “Mais du moment qu’on se comprend !”

Certes, certes. J’ai bien corrigé une copie de bac où un crétin de section scientifique (faut pas demander) m’avait fait tout un développement sur l’inutilité de l’enseignement de la langue française, vu que ça s’apprenait par mimétisme, et qu’il n’y avait pas besoin de cours pour ça, pas plus d’ailleurs que de tous ces textes littéraires “qui ne veulent rien dire et qui ne servent à rien”.

J’ai mis deux sur vingt, avec l’appréciation “Inculture agressive hautement revendiquée”. C’est dommage vraiment qu’on n’ait pas le droit d’écrire “Connard” sur les copies de bac. Un connard m’avait bien dit en quatrième que ce n’était pas la peine d’apprendre à lire puisqu’il y avait des bandes dessinées… De toute façon, je connais quelqu’un qui se contente de regarder les images, et qui parle de “livres” à propos de revues (pas foutu de faire la différence).

Et ce n’est pas sur les scientifiques qu’il faut compter pour redresser la situation. Premièrement, les ouvrages scientifiques de haut niveau sont rédigés en anglais. Démerdez-vous. On ne va tout de même pas dépenser de l’argent pour traduire. On en arrive à la situation qui est celle des étudiants au Maroc : études secondaires en arabe, supérieures en français.

Je ne vous explique pas le niveau… Deuxièmement, voilà bien longtemps que ces Messieurs de la Science de mes fesses se font des conférences entre Français en langue anglaise,même s’il n’y a pas un seul anglophone dans la salle. Que fait d’ailleurs un scientifique anglophone en visite dans une université française ? Il cherche quelqu’un qui parle anglais.

S’il n’en trouve pas, il va de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’il en ait trouvé un. Mais qu’on ne lui demande pas d’apprendre le français, cette langue de sauvage. Ca me rappelle ce grand film sur le grand nord, “Agaguk” ? Les esquimaux parlent en anglais ! Explication : “On n’allait tout de même pas se mettre à parrendre leur langue !” Et le doublage, et le sous-titrage, tas d’incultes, tas de radins, tas d’assassins ?

Il en est de même avec les publications (”Troisièmement’) : dans un ouvrage sur le recherche scientifique, j’ai lu que l’on tenait compte de la langue dans laquelle paraissaient destravaux : “Il faut savoir, disait l’auteur, si cette communication se fait en anglais, en français ou en javanais.”

Les Javanais apprécieront le voisinage. Moi pas.

Et de s’écrier tous en choeur et la tête renversée (n’oubliez pas la tête renversée : argument suprêmement scientifique) : “La langue française est de toute façon condamnée”. Et alors ? Toi aussi tu es condamné mon pote, est-ce pour cela que tu demandes à être achevé ? Scientifique, on vous dit. J’assistais dernièrement à une conférence sur l’enseignement du latin (qui ne sert à rien, tout comme les maths).

J’ai failli me livrer à une petite plaisanterie cruelle: reprocher à ces braves profs qui n’avaient qu’une hantise, celle d’être ringards, de ne pas tenir leur conférence en anglais. J’y ai renoncé, comprenant avec la plus grande honte que ces gens-là auraient pris la chose au sérieux, s’entreregardant avec consternation et se disant : “Il a raison. Let’s speak english together and quickly !”

A propos, saluons la parution désormais en français du National Geographic : bravo ! de temps en temps, on nous lâche un os. Mais celui-là, il est beau. Poursuivons. Sur les panneaux qui mènent à la plage, les indications en anglais sont correctes. Mais s’il y a des fautes grossières à faire, alors c’est en allemand. Une différente par panneau. La langue du Boche, vous pensez bien qu’on ne va pas la rater… C’est ça l’Europe nouvelle coco - n’est-ce pas M. Sérillon, qui prononce “Weissensee” “Vaïssenzi”! Même pas foutu à 50 ans, qualifié de “grand journaliste”, de s’être renseigné sur la façon dont on prononce un nom aussi biscornu ! Sans oublier “Migouel Indurain”.

Mais les bistrots en front de mer portent tous des noms anglo-saxons. Nous exprimerons aussi notre indignation navrée lorsque nous entendons les haut-parleurs de la SNCF débiter leurs messages en anglais sur la ligne Bordeaux-Biarritz, alors qu’il n’y a pas un anglophone dans tout le train.

Surtout, rien en espagnol, sans parler du basque - terroriste ! …mais l’anglais, aoh, yes. Ridicule. Je ne savais pas que le ridicule faisait partie de la campagne de promotion de la SNCF. Quoique, là encore…

Et cet autre abruti (c’est lassant, n’est-ce pas, ce ton d’invective continuel - ta gueule) - il est grossier le Monsieur - à qui je demandais comment me procurer un clavier en caractères grecs : “Comment, ils ne sont pas en anglais ? ce serait tout de même plus commode !” - et ta connerie,mec, qui supprime d’un trait la langue grecque, la plus sacrée de toutes, parlée encore, parfaitement, quel scandale, à Athènes et dans toute la Grèce, une langue que les petits Grecs se relevaient la nuit pour apprendre clandestinement sous la domination ottomane, ta connerie est celle du peuple…

La langue de communication en Europe est l’anglais, les Français se sont fait renvoyer sèchement, parfaitement, sèchement, quand ils ont trouvé des erreurs de traduction dans les textes fondateurs ; on leur a dit que l’anglais faisait référence. Faisait force de loi. Evidemment, tout traduire du danois au portugais pose des problèmes. Ce n’est pas une raison pour nous faire tous rouler dans la Worcestershire sauce (essayez de la prononcer celle-là, tiens).

Je vais dans une entreprise, on me demande d’y participer activement, de ne pas être un “sleeping partner”. Je dis quoi ? “Partenaire dormant” - Ah ça fait drôle ! qu’il ironisait le mec. C’est ta langue qui te semble drôle, ignare ? Et le silent-block de ma bagnole ? Je combats avec l’académie française, même si ce sont de vieux ringards, qui feraient mieux d’aligner “je faisais” sur “je ferai”, avec un “e”, au lieu de concocter des tolérances orthographiques du style de “flûte” sans accent…

Allez repos, rompez, le français ne sera bientôt plus parlé qu’en Afrique et au Canada, ça vous apprendra. Je ne sais pas faire de conclusion, je ne suis qu’un Singe Vert bien flemmard. A la prochaine, mais ça m’étonnerait.

 

18 novembre 2007 - 4 commentaires
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