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Jeux de mots, tard…

En salle des profs : un collègue vend un fauteuil ; j’inscris “fauteuil transformable en vrai teuil”. Certains apprécient, d’autres pas du tout.
Ma vie, succession d’anecdotes…Ma conversation se résume souvent à ça. Peut-être que je n’ai rien à dire. Il m’en vient quantité d’autres : celle de ces jeunes employées vietnamiennes qui me parlaient d’enfiler je ne sais quelle liasse de papier dans je ne sais quelle réglette ; et moi, d’un ton de pédé : “L’enfilage, vous savez, ce n’est pas mon truc.” Dans mon dos, deux clients : “Je trouve ça très fort. - Non, moi je n’aime pas les gens “comme ça”. Par association d’idées : “Tu te sers, Viêt” (je n’ai jamais osé le dire à Raymonde la Vietnamienne). “Moi j’écarte et toi tu enfonces” - volontiers, Raymonde - il s’agisssait, ne vous méprenez pas, d’enfoncer à l’intérieur d’une pince métallique deux plaques de verre enserrant bien étroitement une photo de famille… C’était déjà nul auparavant (chinois), mais là je suis lucide ; je me demande imprudemment impudemment ! (…hein, plus d’amants…) - “qu’est-ce que je peux leur bien apporter aux autres ? …eux qui, dans leurs blogues, essayent de faire plus nul, sans toujours y parvenir ? avec leurs anecdotes à eux ? Qu’est-ce que je pourrais bien faire de neuf ? (à part fermer ma gueule, oui, bon…) - va-t-il falloir abandonner cette peau supplémentaire derrière soi dit le sanglier ? vite, vite, une dernière mue…
Le prof défend les petits
Un grand con tabasse un petit con dans un coin. J’ai dans ma poche, à même, un fromage dégueulasse, puantissime ; je tape sur l’épaule de l’élève qui n’a que le temps de se retourner, qui se prend le fromton en plein crâne et je hurle : Camembert disciplinaire ! … Six mois plus tard dans le train de banlieue j’entends des passagers : “Y a tout de même des profs qui sont vraiment graves tout de même, c’est pas possible. L’autre jour un élève s’est pris un calendos en pleine tête…” Assis juste à côté je me pisse dessus en serrant les lèvres à me péter les mâchoires… Putain ça fait du bien…

2 commentaires pour “Jeux de mots, tard…”

  • Philippe G.O. 68.14 Lelièvre dit :

    “qu’est-ce que je peux leur bien apporter aux autres ?”

    Réponse : le “camembert disciplinaire” dont je connais l’anecdote depuis un peu plus de dix ans, laquelle est la référence pour un petit paquet de branlouzards (néologisme j’espère éloquent) de ma génération (cru 76 : le PCF renonce à la « dictature du prolétariat », Saint-Etienne s’insurge contre les poteaux carrés…) et de mes connaissances. Cette anecdote que je n’ai pas eu le bonheur de vivre (en tant que témoin, bien-sûr) et dont je suis l’un des “passeurs” les plus actifs est pour ceux qui la connaissent la référence absolue du génie professoral, qui est toujours là où ne l’attendent pas les formateurs d’I.U.F.M.

    C’est comme sur une scène ou dans la rue, il faut surprendre (ainsi qu’en faisant l’orang-outan sur le bureau le premier jour de classe ou en évoquant Henri II pour avancer dans le manuel -même si un obstacle culturel risque là d’éventer l’effet recherché-, la fonction de page n’étant pas des plus intellectuelles, pour renchérir sur la saillie forcément sexuelle).

    Je ne vais pas m’étendre en tartine analytique sur cette fulgurance fromagère mais elle m’a autant apporté qu’une intervention d’Edouard Baer ou actuellement les provocations géniales du groupe d’Action Discrète (Canal Plus). Cette sanction “à la louche” m’est aussi nécessaire qu’une minute cyclopédique, voire plus car elle m’offre l’avantage en société (dans les “salons” bordelais) de l’inédit. Je suis à l’abri du tacle par derrière : “Ah oui, ça, ça arrive souvent !”.

    Donc, pour le petit con victime et pour nous tous : merci (ça faisait longtemps que ça me démangeait, pardon pour l’absence, quasi ordurière, de pudeur). Et aussi pour le grand con agresseur qui a peut-être là goûté le premier calendos de sa vie. Comme toutes les premières fois, il ne l’oubliera jamais.

  • kohnlili dit :

    Merci Philiss, euh… Philippe. J’étais à Sore cet après-midi, j’ai vu ta maman, elle a offert le café ! Je me demandais s’il n’y avait pas grève des cons menteurs - euh, des commentaires. Ce soir, pas de télé, juste des explorations de blogs… Ouf ! “Fou” en verlan. C’est Henri III qui était pédé (paraît-il) et “tournait les pages”, et non Henri II ! Henri Ier aussi, d’ailleurs, au XIe siècle. Henri IV, pas du tout… Donc, “comme-je-disais-à-mes-élèves”: Tournons quelques pages, comme disait Henri Trois…” - pourvu par ailleurs de nombreuses maîtresses…

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