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Archive du juin 2008

Revues en fiches

Merci aux restés fidèles. De retour chez soi. C’était le bon temps. J’avais envoyé sur “Hautetfort’”, trahison ! Un peu de grain à moudre, zamifidèles ? 


 ”C’est le même répertoire de revues. Il date de 2043. Je le lis depuis, mettons, l’Antiquité. Lettre S. P.40. P pour S.P., « service de presse ». J’enverrais donc ma revue à d’autres revues. Alors que j’entends bien rester la seule. Comme c’est curieux, la fraternité. Service de presse « périodique » : « épisodique » ne serait-il pas mieux indiqué ? Ou bien pas de service de presse. Mon cas. Zéro. Nada. « Mois d’expédition/réception ». Voici le mot mystérieux, l’abracadabra : JASONDJFMAMJJASONDJFMAMJJASOND : la succession des mois. En acronyme. Quel beau tableau, rectangles blancs. 0,3% de lecteurs utilisant ces tableaux à la con. Caractéristiques économiques – procédés, procédés, procédés. 
 Qui veut tout formuler se noie dans le formol. Prix 80.0 francs. Sadate, comme disait Anouar. C’est le « point zéro » qui me plaît. Dans le prix, pas à New York - wie komisch ! - franchement tu achètes, toi, une revue à quatre-vingts francs ? « Abonnement » 225 F pour 3 n°s - toujours franchement, tu as 225 F à foutre en l’air ? Plus que pour un livre entier, qui est tout un univers, cohérent ? Périodicité : quadrimestriel – quand trimestriel, paraît-il, constitue la limite à ne pas franchir pour assurer la fidélité du lectorat… « Numéros parus » : 8. Mon Singe Vert est à 68. Super. (74, maintenant). Vingt minutes de sieste à faire. Vingt minutes plus tard : des pensées à la con. Faire sécher le chat qui est tombé dans le ciment frais. Toujours aussi con. « Date dernier N° » : 01/05/42. C’est vieux de vieux. 
 J’étais déjà vieux. Rien ne me semble avoir existé de ce temps. Ni d’aucun temps. « J’ai vécu, bien inutilement, 62 ans » - politesse chinoise. « Diffusion » : Directe. Quod facio. M’adresser aux « points sensibles » ? Miser sur internet ? Faire un livre par an ? On a  a frotté le chat comme des malades. Je suis heureux. « Audience » : Plutôt Internationale. Modeste avec ça. Laideur irrémédiable de ses miaulements. « Collaboration » : Jamais rémunérée – il y en a qui rêvent… « Refus justifiés » : Au bout… d’un certain temps. « Retour des manuscrits » : Aux frais de l’auteur. Avec une bite dans la marge. 
 Il était pas content l’auteur, ah çà… « Publicité » : réponse en blanc. Nous avons quatre chats dont Brioche, qui vient des voisins. Ma fille est bien plus naturelle son mari est là. Partie d’échecs entre Anne et mon gendre. « Caractéristiques du contenu » - quand on sait que toutes les revues traitent grosso merdo de la même chose. (Poésie) entre parenthèses, Contes. A éliminer. Déjà. D’office. Critique de revues – tu en achètes une, tu les as toutes lues. Tous ces gens qui s’agitent en dehors de moi. Etude biographique. Je lis une étude biographique de Stendhal, ça, c’est émouvant. Plus que celle d’un Malraux, plongé dans la facilité, dans le bluff, dès sa sortie d’enfance. Infos sur prix/concours. Tout ce milieu qui s’agite, qui n’est jamais sorti de son trou, comme les cinéastes « pro », qui méprisent copieusement les « amateurs »…
 Je reviens près de D., qui utilise mon ordinateur. Il écoute Björk, l’oursonne, traîtresse à l’islandais. Photographie/Poésie. Ordre alphabétique de gauche à droite, d’une colonne à l’autre. Beethoven aurait-il composé pour l’orgue électronique ? Où se trouve Ingrid Béthancourt ? Bio-bibliographie: ce ne serait pas un tout petit peu exagéré des fois ? Où vont nos rapports à tous ? Ai-je remporté le morceau ? Tant de gens qui tiennent à moi ? Putain c’est du Christine Angot. Critiques de livres. Dessin « trait ». La revue bouffe-tout. Comme toutes. Chère et rare. Les éditeurs écument : non plus les revues, mais les blogs. Paraît-il. Histoire littéraire. Nouvelles - c’est LA revue du siècle, parole ! Photos ou dessins tramés. Je préfèrerais, tiens, l’actualité de la mode godassière. Louis, mon arrière-grand-père, précisait bien : « Savetier, pas cordonnier. Sur mesures. » Et le texte ? Le vrai texte critique de la revue ? Maintenant. Un peu tard. Trop tard.”Le temps qui m’était imparti…” - revue francophone. Tant de gens qui veulent le bien de la France. « … est une revue littéraire de récits, nouvelles. Je crois que la littérature est sur les blogs. Hachée. A chier, peut-être. ”

Ach ! Kolossale Finesse ! 

30 juin 2008 - Lire la suite Tags: none

J’adore pontifier

J’aimerais bien avant le grand saut lire 1) Les Lusiades de Camoëns, dont j’ai caressé le front à Lisbonne aux Hiéronymites, 2) l’ Orlando furioso de l’Arioste, mais en version complète et bilingue s’il vous plaît et non pas en tronquée des meilleurs passages érotiques, et 3) La Gerusalemme liberata du Tasse. Ce serait chiant, mais accessible, et je pourrais le mettre dans mon escarcelle. La Thébaïde de Stace en revanche m’intriguerait très peu. D’ailleurs j’apprécie d’avoir fini le texte même de cette Antigone de Sophocle. D’abord, je n’aime pas Sophocle : trop classique. Incolore, inodore, sans saveur, comme la cuisine de P.
Parlez-moi d’Eschyle : rude, qui frotte comme une corde sur une margelle de puits, comme le dit Aristophane “tophlattotratt,tophlattotratt…” Ca c’est de la tragédie, pompeux, ronflant, obscur…


Euripide se voit traiter d’ « infame » par Péguy, je dirais plutôt « faisandé » : toujours pourri d’arguties et de longueurs, sentant toujours plus ou moins l’alcove de femme négligée. Mais je préfère encore ces deux là au Sophocle, là, trop pur, avec [s]es yeux (…)”d’azur baignés” (Valéry). Et puis, ces traductions de l’Antique sont toujours d’une froideur, d’un manque absolu de tout naturel : qui a jamais pu s’exprimer d’une façon si marmoréenne, contournée ? Les traductions antiques semblent toujours empruntées, au sens nu du terme, empruntées de plus à quelque langue étrangère. Comme à partir de l’allemand traduit de l’anglais lui-même àpartir du grec…  On sent toujours que le traducteur n’a pas voulu s’écarter des traditions antérieures, du mot à mot bien chié, et qu’il est fort en thème.

Ce qui me passionne, dans les textes d’autrefois, ce sont les commentaires sans fin qui s’y adjoignent : voir les textes médiévaux, si passionnants quand un Markale ou un Duby les interprètent, chefs-d’œuvres de froideurs quand on s’y plonge, en français moderne : les femmes y sont toujours « les plus belles du monde », et la nourriture « la plus magnifique qui fut oncques ».
Sans oublier les plaisanteries qui durent des vers et des vers, comme l’accueil de Sosie par Mercure dans l’”Amphitryon” de Plaute, qui n’a jamais fait rire que son auteur et quelques ploucs aux mains sales. Sorti de Sénèque, dans la littérature latine, je ne vois pas grand-chose à sauver. Tacite, Catulle, soit. Mais Cicéron… Tite-Live… Si vous êtes constipés, çavous fera de l’effet.

Mais en grec, je me bats les flancs. Homère, soit. Mais Platon… Putain l’horreur… 

La souillure, c’est d’exister. Je me suis bien autocensuré ce soir. J’ai du farniente à rattraper.

Dans la voiture donc, au retour, je leur ai parlé de la légende d’Edipe (c’est exprès), sans mentionner l’oracle ni le meurtre de Laïos. Ce que je ne savais pas, c’est que ce dernier se rendait à l’oracle afin d’apprendre si son fils avait été réellement exécuté…

2 juin 2008 - Lire la suite Tags: none

Déclin et chute

Ca ne va pas plaire, ou tout le monde va s’en foutre… Bof !


Sidoine Apollinaire, dernier écrivain latin. Lorsque croula l’Empire, en 476, il avait cinquante-six ans. C’était alors la fin d’une vie. Mais de son vivant déjà trônait une statue de lui en or, dans le vestibule du Sénat. Son esprit affaibli sombrait dans la plus niaise bondieuserie. C’était pourtant cet homme qui épousait en 456 la fille de son empereur, le premier empereur gaulois : un Arverne sur le trône de Rome… Puis les assassinats s’étaient succédé, Sidoine avait fui, toujours sa caste noble l’avait rattrapé par le collier.Ils lui avaient confié, les poètes de sa caste, la versification du panégyrique du successeur de son beau-père assassiné. Un panégyrique, c’est un long discours en vers à l’occasion de l’investiture officielle du Sénat, une sorte de sacre.
Beaucoup plus tard, courant 471, le voici élu second évêque de Clermont, l’année même où les Skyres envahissent l’Auvergne… Nous ne suivrons pas cette biographie. Nous dévierons de la ligne, nous interrogerons souvent la fiction. Savoir ce qui fascine dans Sidoine Apollinaire. Et ce qui ne fascine pas. Le fascinant d’abord : le temps des invasions. Il semble revenu . La nôtre prend l’aspect d’une inexorable infiltration. Comme une terre qui prend l’eau par au-dessous. “Nous autres civilisations, nous savons à présent que nous sommes mortelles”. Et certes les Barbares sont toujours vainqueurs, c’est ce que disent les historiens dans leurs revues d’histoire. Mais après 14, il y a eu 40, puis l’Algérie, puis le Viet-Nam – et notre carne de civilisation n’est toujours pas morte, Monsieur Valéry.
Admettons. Les civilisations crèvent comme les hommes.Mais nous nous battrons jusqu’au bout. Les choses sont beaucoup moins nettes que par le passé ; il n’y a pas d’exactions militaires. C’est bienplus pernicieux. Il faudrait savoir si des Romains étaient complices résignés. Je crois savoir qu’ils faisaient bien plus bloc que nous. Mais je suis certains qu’ils connaissaient eux aussi leurs collabos, leurs chantres du métissage. D’autre part notre civilisation, comme la romaine - ne périra pas, mais se transmettra, admirée, déformée, par d’autres véhicules, d’autres voix. Les Barbares transmirent les lois romaines. Mais à leur sauce.
Clovis lui-même s’est converti au christianisme. Je ne vois que Sarkozy, ou quelqu’un de sa trempe, qui possède un sens politique profond. Les autres, tous les autres, me semblent des épiciers cramponnés à leur calculette… (C’est là qu’il faut s’ hhhhindigner, citoyens ; de toute façon je me défile: je ne vote pas pour lui ; démerdez-vous avec ça si ça vous chante, je le fais bien,moi…) 
Je ne sais si je survivrai. Fin d’une immense civilisation.  Fin de moi (difficile…)
Allez,  ksss ksss  ksss…

1 juin 2008 - Lire la suite Tags: none
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