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Archive pour la catégorie 'portnaouak'

Chez les redingots

Bon, ben voilà, on remet ça, nous boirons le calice jusqu’hallali, allez les dingues, allez les dingues, allez…

Elodie parle enfin de son ancien mari, Lamartic : « Sans moi il y serait encore. J’écris au Professeur Vonderrede « Docteur ma nièce est morte d’un écoulement ploc, ploc dans le cerveau, par excès de médicaments, à 37 ans ». Vonderrede me convoque. Il ne m’impressionne plus, parce que du vivant de son père, Professeur Psychiatre, Herr Doktor n’osait pas ouvrir la cour. Sitôt papa père mort il autorise les fous à se promener entre les massifs, tous portails ouvert ; un jour une grosse fille s’est réfugiée sur mon siège arrière en écrasant tous les ressorts. On me l’a reprise après cinq minutes et l’infirmière m’a engueulée. « J’ai lu votre “lettre humoristique” m’a dit Vonderrede Fils, une lettre où j’exigeais la liberté pour Lamartic. 
« J’avais été cinglanglante. Par écrit. Drôle d’humour. Alors mon Lamartic, il me l’a relâché juste avant le pont de l’Assomption. Sinon pont ou pas je revenais avec les flics. On m’a fait signer les décharges et je l’ai repris chez moi. »

Hermann Second Mari n’a pas répondu. Il a d’abord abandonné sa guinde à minuit en plein virage, forêt de Moranceix, sans lumière. Il a vu ça dans un film. Celui qui l’a percutée n’a pas apprécié « l’aspect libérateur de l’acte gratuit” comme ils disaient sur le programme. Du fond de ses plâtres il l’a traité de bâtard, et Hermann s’est dénoncé pour se faire interner. Mais Lamartic a refusé de le voir Une nuit m’a dit l’infirmière le Hermann s’est levé : un dingue secouait la porte verrouillée en gueulant “Jacques ! Jacques !” La garde de nuit a engueulé Hermann Second Mari, qui explique doucement : « Je suis allé trouver cet homme. Je l’ai calmé en le prenant par les épaules. Je lui ai dit : «Tu l’aimes, Jacques ? - Oui. Oui. - Il va revenir. » Et je l’ai ramené au lit. C’est lui qui gueulait, pas moi. » 
L’infirmière a braillé qu’il aurait dû se taire sans bouger. C’est le règlement »

La suite est réjouissante, car le curé Bodo courtise la femme d’Hermann, non sans succès : le prêtre affiche une satisfaction béate : “Faisons” dit -il “une partie de cartes à trois” Elodie compte les points, sans rien comprendre à leur conversation en basque ou en français. Etranges hommes en vérité que Lamartic Premier Mari,  laissé libre, et ce prêtre, étranges complicités. La femme mortifiée retourne s’enfermer chez elle. Quant à Hermann, en son asile (Etché Aïntza)(c’est en avant, en basque) il tombe sous la coupe d’une psychiatre estonienne engagée à l’année.
 Un jour pendant la séance l’Estonienne croise les jambes très haut sous ses yeux. La jupe s’envole mais le mouvement est tel et si imprévisible qu’au lieu de laisser le tissu retomber, il se produit un nouvel envol, comme un orgasme sur un autre. Les femmes paraît-il ne l’obtiennent qu’en se masturbant, quand elles se sentent absolument libres. La psy porte une gaine bleu fluo, et ses yeux prennent un éclat métallique et méchant pour clouer le regard de l’homme. Mais la gaine remonte très haut et redescend très bas si bien que tout viol est inenvisageable. Hermann ressent comme une trahison d’exhiber ainsi ses dessous , le jour où elle annonce son mariage avec un médecin turc.

14 juillet 2008 - Lire la suite Tags: none

Le couilloir des tentations

Haha ! je vais encore me faire assaisonner. Mais la vie est faite de risques. Ce qui suit est-il ce que je pense vraiment ? COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE LE SACHE ?? En vérité, j’admire ceux qui sont toujours “au clair avec eux-mêmes”… 

“Elle sait qu’elle peut tenir une semaine, un mois, trois mois - voir plus haut - elle est libre tout de même non, pauvre imbécile ! Surtout que de toute façon elle jouira tout de même mieux en prenant calmement tout son temps avec elle-même qu’avec un Chevalier-Sabreur du quart de seconde. Putain de différence.

Seulement le mec qui ne sait pas s’y prendre (s’y engluer…) commence, à la cinq centième fois, à se décourager. “Il ne sait pas y faire”. “C’est facile” (c’est les femmes qui disent cela : “C’est facile”. Les hommes aussi, d’ailleurs - quoique…)(sondez un mec, un peu, pour voir ? ) - l’homme donc, disais-je, celui qui ne sait pas s’y prendre, enfin pas très bien (il y en a ; des tas…) - se met à se poser des questions ; dans l’histoire, le sexe inférieur, c’est lui. 

 Alors il se traîne chez les putes, ou tout seul, chez lui, à l’abri - etc… A la six centième fois - là, je fais exprès - il s’aigrit. Il disjoncte. Et il y en a même qui violent. Aaah, aucune excuse : un viol, c’est un crime. Jusqu’à vingt ans - ça compense toutes les fois où le violeur a été relaxé. Ou relâché. Mais la tentation, la sale tentation, c’est d’aller tout de même, en se faufilant bien, dans un petit couloir dérobé de la taule, lui porter des oranges…

- Ah non alors là permettez c’est inadmissible ! Vous allez trop loin ! Merde, qu’il aille se faire soigner ! un violeur, c’est un malade ! » - bon, c’est par où, le sens du poil ? voilà… voilà… calme… vous savez, moi, j’ai 63 ans, quarante-et-un an de mariage, ce n’est plus mon problème - et dans le temps, j’étais très aimable avec les putes, parce qu’elles me tiraient une belle épine du pied, elles me disaient parfois : « Avec toi c’est sympa, parce que tu nous parles, au moins… » 

 Il paraît qu’ensuite, le client ne parle pas mais se tire vite fait, «parce qu’il se sent coupable ». Pas du tout. C’est parce que c’est fini. On n’a pas forcément joui (la femme n’est pas là pour ça, elle a d’autres moyens). Et puis, post coitum homo animal triste. ”Homo” ça veut dire “l’être humain” - tiens, la femme aussi… Maintenant que je sais que les femmes me prennent pour un potentiel violeur,  je ne les regarde plus ; “jamais dans le cadre professionnel !” - comme ledit cadre professionnel vous prend les 3/4 de la vie on ne risque plus de perdre son temps à draguer. Jamais on ne parle d’amour. Des fois qu’on se fasse poursuivre pour harcèlement. Les femmes passent raides, souriantes, au bureau, vachement aimables, “fraîches et efficaces”, décolletées jusqu’au nombril, la jupe au ras des trompes - sacrilège ! sacrilège ! comment osez-vous parler des femmes ! - bref la vie sans amour n’est plus qu’un avant-goût du cimetière. Voilà le résultat, messieurs les violeurs. Encore que je ne sois pas bien sûr, tout de même, que ce soient vraiment eux qui aient commencé - Ta gueule. A la niche. Allez couché, le pit-bull.”

5 juillet 2008 - Lire la suite Tags: none

Déclin et chute

Ca ne va pas plaire, ou tout le monde va s’en foutre… Bof !


Sidoine Apollinaire, dernier écrivain latin. Lorsque croula l’Empire, en 476, il avait cinquante-six ans. C’était alors la fin d’une vie. Mais de son vivant déjà trônait une statue de lui en or, dans le vestibule du Sénat. Son esprit affaibli sombrait dans la plus niaise bondieuserie. C’était pourtant cet homme qui épousait en 456 la fille de son empereur, le premier empereur gaulois : un Arverne sur le trône de Rome… Puis les assassinats s’étaient succédé, Sidoine avait fui, toujours sa caste noble l’avait rattrapé par le collier.Ils lui avaient confié, les poètes de sa caste, la versification du panégyrique du successeur de son beau-père assassiné. Un panégyrique, c’est un long discours en vers à l’occasion de l’investiture officielle du Sénat, une sorte de sacre.
Beaucoup plus tard, courant 471, le voici élu second évêque de Clermont, l’année même où les Skyres envahissent l’Auvergne… Nous ne suivrons pas cette biographie. Nous dévierons de la ligne, nous interrogerons souvent la fiction. Savoir ce qui fascine dans Sidoine Apollinaire. Et ce qui ne fascine pas. Le fascinant d’abord : le temps des invasions. Il semble revenu . La nôtre prend l’aspect d’une inexorable infiltration. Comme une terre qui prend l’eau par au-dessous. “Nous autres civilisations, nous savons à présent que nous sommes mortelles”. Et certes les Barbares sont toujours vainqueurs, c’est ce que disent les historiens dans leurs revues d’histoire. Mais après 14, il y a eu 40, puis l’Algérie, puis le Viet-Nam – et notre carne de civilisation n’est toujours pas morte, Monsieur Valéry.
Admettons. Les civilisations crèvent comme les hommes.Mais nous nous battrons jusqu’au bout. Les choses sont beaucoup moins nettes que par le passé ; il n’y a pas d’exactions militaires. C’est bienplus pernicieux. Il faudrait savoir si des Romains étaient complices résignés. Je crois savoir qu’ils faisaient bien plus bloc que nous. Mais je suis certains qu’ils connaissaient eux aussi leurs collabos, leurs chantres du métissage. D’autre part notre civilisation, comme la romaine - ne périra pas, mais se transmettra, admirée, déformée, par d’autres véhicules, d’autres voix. Les Barbares transmirent les lois romaines. Mais à leur sauce.
Clovis lui-même s’est converti au christianisme. Je ne vois que Sarkozy, ou quelqu’un de sa trempe, qui possède un sens politique profond. Les autres, tous les autres, me semblent des épiciers cramponnés à leur calculette… (C’est là qu’il faut s’ hhhhindigner, citoyens ; de toute façon je me défile: je ne vote pas pour lui ; démerdez-vous avec ça si ça vous chante, je le fais bien,moi…) 
Je ne sais si je survivrai. Fin d’une immense civilisation.  Fin de moi (difficile…)
Allez,  ksss ksss  ksss…

1 juin 2008 - Lire la suite Tags: none

“C’est un scélérat qui parle” (note de l’auteur en bas de page, dans Ta Truffe, de Molière)



…Eh oui braves gens, il était une fois un personnage qui s’appelait le Singe Vert, et qui disait des conneries… euh, des vérités… putain je sais plus… Si on ne peut plus jouer sur les deux tableaux, ce n’est plus la peine de vivre… Et comme disait Simone de Beauvoir (à toutes les sauces…) « On ne fait pas exprès de penser ce qu’on pense »… Et comme disait je ne sais plus qui : « JE SAIS BIEN, MAIS QUAND MÊME… »

Ça, c’est le préliminaire explicatif. Bon, ce n’est pas Mein Kampf…

« Je lis et relis les mêmes éternels et sempiternels mensonges rabâchés par les journalistes “en mal de copie” convertis en sociologues d’un coup de braguette magique. Le credo de ces nouveaux bêlants est en effet désormais d’aller partout clamant que “la femme, ça y est, est libérée, choisit les hommes, drague, revendique son autonomie, son indépendance, et baise à tire larigo tandis que l’homme, le pauvre, complètement largué, ne parvient plus à assumer, se recroqueville, crie “maman” dès qu’on le touche et prétexte le mal de tête pour se dispenser de passer à la casserole.”

« Et nos sociologues d’occase de remarquer finement que la Fâme est en tête de la pointe de la flèche du progrès, alors que l’homme, ce pauvre couillon rétrograde, se “cramponne à ses privilèges” et ne sait plus à qui se vouer, partagé entre la démission, l’effémination (les putes n’ont-elles pas en effet paraît-il besoin de plus en plus de bougies dans le cul de ces Messieurs pour les faire bander, c’est le dernier scoop, très peu pour moi merci) - bref, les mâles déchus voient enfin battre en brèche leur puante suprématie.

“Les étudiantes américaines”, écrivait je ne sais plus quel journaleux des années 60 - des années 60 ! - “revendiquent désormais ouvertement une activité sexuelle auprès de leurs compagnons, qui ne semblent plus en mesure de les satisfaire” - des étudiantes américaines ? dans les années soixante ? Mais où t’as vu ça, mec ? Entre elles, oui ! quand je pense qu’elles en sont encore à te foutre un procès dans les pattes pour peu que dès que tu les regardes en face plus de trois secondes ! Telles sont les conneries qu’on lit depuis plus de trente ans dans les magazines…

« Eh bien je vais vous dire, moi, ce que j’ai remarqué ; non pas la vérité vraie, mais ma vérité à moi qui Nom de Zeus en vaut bien une autre. Lorsque le Phphéminisme a commencé à se manifester, dans les Dix Glorieuses 68-78, j’ai eu très, très, très exactement l’impression de réentendre les jérémiades de ma mère et de ma grand-mère. Les Fâmes ne manqueront pas de me faire observer que c’est bien la preuve de la pérennité de ce sentiment d’oppression, et que “de tout temps, en tout lieu”, la femme s’est sentie brimée par l’homme. Exact. Mais voyez-vous, entendre rabâcher ces récriminations sitôt qu’on ouvre la bouche pour engager une conversation d’amour ou disons “de charme”, c’est proprement refroidissant.

« Pour l’érotisme, c’était râpé. Ma mère et ma grand-mère considéraient l’acte sexuel comme barbare, inutile et dangereux. Je me souviendrai toujours de cette suave initiation pratiquée par ma grand-mère - qui me l’avait racontée avec fierté, comme preuve de son modernisme et de son ouverture d’esprit, à l’égard de je ne sais plus quelle petite fille :
- Et tu as déjà vu un zizi ?
- Bien sûr, celui de mon petit frère !
- Et tu sais que ça peut être dangereux le zizi, qu’il faut y faire attention, que ça peut donner des enfants ?” - quelle horreur en effet ! ça viole, ça défonce et ça féconde ! Autrefois, une femme sur trois mourait en couches à son premier enfantement. Ça ne les a pas quittées. Dans un film de Blier, Gérard Blanc craint de se faire mettre par Gérard Depardieu. Sa femme lui dit :
- Il me le fait bien à moi !
- Oui, mais moi je suis un homme !
- Et alors ? mais c’est la même chose, mon vieux ! on se fait pénétrer ! il faut y passer, ça vient vous buter dans le fond ! » Beurk. Pouah. Bon, ce n’est QU’un film… Autre propos fleuri, de ma grand-mère :
- Y avait les poules à rentrer, les lapins et le cochon à nourrir, le repas à préparer, et des fois à onze heures du soir la journée n’était encore pas finie !
Merci grand-mère. Et tout à l’avenant.
- Mais il n’y a pas que ta grand-mère dans la vie !
- Non, il y avait aussi ma mère, et toutes les bonnes femmes qui fréquentaient ma mère, qui se ressemble s’assemble.

- Et ça ne t’est jamais venu à l’idée de sortir du milieu de ta mère ? (elle est fine, celle-là) - C’est indélébile coco, les premières impressions. Toujours est-il que démerdez-vous comme vous voulez, refaites-moi mon passé, vous le connaissez mieux que moi pour sûr,  j’ai entendu cela partout, quelle que soit la femme : les hommes sont de gros dégueulasses, point. Il y en a même qui vous proposent de coucher avec vous, chère Marie-Claire, je suis très embarrassée : je croyais pourtant que cet homme m’aimait, or, voyez ce qu’il ose me demander… »

20 mai 2008 - Lire la suite Tags: none
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