Singe Vert http://kohnlili.blogsudouest.com bulletins d'humeur... Sat, 23 Aug 2008 21:03:16 +0000 http://wordpress.org/?v=wordpress-mu-1.2.1 fr Hmmm ! …y a bon étouffe-chrétien… http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/23/hmmm-y-a-bon-etouffe-chretien/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/23/hmmm-y-a-bon-etouffe-chretien/#comments Sat, 23 Aug 2008 21:03:16 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/23/hmmm-y-a-bon-etouffe-chretien/ Sarkozy ? JE M’EN FOUS. DREDEGUERRE. Croyez-moi, rien n’est plus urgent que d’examiner si c’est le bien, ou le mal, qui l’emportent dans la Création. Et pour cela, rien de tel que de déglutir quelques bons paragraphes inspirés par l’ineffable LEIBNIZ, qui était moins con que je n’en ai pas l’air (quand je ne mâche pas) : Il s’agit de nier la grandeur de la raison humaine, de l’humilier devant la divinité. 
 Alors rien n’est plus rien, je crève et je suis possédé par le néant. Tout est Dieu (tout est néant, c’est tout un), et il ne reste plus qu’à se coucher dans la pierre et la terre, pensée à laquelle je me suis désormais tant apprivoisé : Mais pourquoi ne se pourrait-il pas que le surplus du bien dans les créatures non intelligentes, qui remplissent le monde, récompensât et surpassât même incomparablement le surplus du mal dans les créatures raisonnables ? Mais pour l’excellente raison, ineffable raisonneur, que le bien et le mal ne s’évaluent qu’à l’aune de l’intelligence, de la conscience, de la raison. Que le bien n’est que l’abondance de la raison, le mal son absence. Que l’inconscient ne saurait générer ou impliquer du bien qu’il n’ait été conçu par le conscient. Nous valons mieux, chacun de nous, que toutes ces caillasses qui roulent dans le ciel. Il est vrai que le prix des dernières est plus grand (« les créatures raisonnables »).  


 Leibniz ne peut en disconvenir. La construction laisse prévoir bien sûr un retour de bâton : Mais, en récompense ( = en compensation) les autres sont en plus grand nombre sans comparaison. Pourquoi m’échauffer comme un grimaud sur ces propositions ineptes ? à l’issue desquelles Leibniz ne manquera pas de… de quoi faire, d’ailleurs ? d’humilier notre raison ? de faire primer la quantité sur la qualité ? Et il se peut que la proportion du nombre et de la quantité surpasse celle du prix et de la qualité. Que nenni Monsieur Leibniz, que nenni. Ou il faut croire que Dieu a l’esprit profondément enfoncé dans la matière, juste capable de chier des cailloux, d’y glisser, parfaitement, quelque raison supérieure encore à découvrir…? 
 Quant à la mineure, on ne la doit point accorder non plus Diafoiresque en vérité. Telle est la vie. C’est-à-dire on ne doit point accorder qu’il y a plus de mal que de bien dans le genre humain. Me voici donc de Pleine Inutilité. Grignotant obscur. Devoir d’état comme ils disent. On n’a même pas besoin de convenir qu’il y a plus de mal que de bien dans le genre humain. Bon. Voilà de l’optimiste. Nous voilà donc meilleurs que notre réputation. 
 Moins pourris par le péché originel. Moins aptes que prévu à jauger notre misère, contrairement à Pascal. Leibniz, antipascalien ? à étudier. …parce qu’il se peut, et il est même fort raisonnable, que la gloire et la perfection des bienheureux soit incomparablement plus grande que la misère et l’imperfection des damnés – ah ! très fort ! Bon dégagement en touche ! et absence de cruauté en prime ! On passe au monde virtuel ! post mortem ! et les souffrances infernales diminuées ! plus proches même des glauques sensations du néant que des intolérables brûlures sulfureuses ! Putain trop puissant… 

HEIN QUE C’EST CHIANT… HEIN QUE C’EST CHIANT… 


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Pompes et circonstances… http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/20/pompes-et-circonstances/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/20/pompes-et-circonstances/#comments Wed, 20 Aug 2008 20:13:53 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/20/pompes-et-circonstances/ Célébrons Sidoine gendre d’Avitus Premier, déclamant son éloge, exilé dès sa chute, ayant connu l’exil puis d’autres empereurs, dont il prononcera le panégyrique à son tour – converti au moment opportun, quoi d’étonnant ! au triomphant état ecclésiastique – reprenons : les premiers succès de Sidoine, la vie littéraire de ce temps-là, prestige intact au milieu des colonnes qui tombent… 
 Il épouse Papianilla. Le voici gendre d’empereur. Imaginer les rapports d’un époux et de sa femme en ces temps-là . Confiance ou soumission, comment reconsidérer tout cela ? Les femmes antiques étaient-elles autant de martyres ? Nul bruit n’a filtré sur une acrimonie quelconque. Papianilla ne fut pas Xanthippe, ni la femme de Haydn. Ce fut un grand honneur pour Sidoine d’être le gendre de l’empereur Avitus. Mon vœu fut toute ma vie de raconter celle de Sidoine Apollinaire, tel quel, avec d’infinies gloses restrictives - pourquoi l’empereur Avitus a-t-il chuté ? aimait-il l’ail ? les putes ? les garçons ? se faisait-il conduire par son esclave dans les bordels de Lugdunum ? 


 Son impérial beau-père massacré, Sidoine s’est enfui au pays des Arvernes ; quelle est alors la meilleure voie de Lyon à Clermont ? Combien tout était désert ! Mes recherches ou intuition suffiraient-elles jamais à reconstituer les distances à cheval, de nuit, contournant les mares envahies de brouillards ? croyait-il aux sorcières, le poète ? Sidoine se fit oublier ; il parcourut ses domaines, aimé de tous, recevant sur sa monture d’humbles témoignages d’affection. Pourquoi revint-on le sollliciter pour chanter le successeur ? Quel sens attribuer à la vanité de son acceptation ? N’était-il pas décidément trop sot pour avoir exercé quelque influence politique que ce soit ? “Lui seul saura donner du lustre à nos cérémonies, il n’y a pas de proclamation de l’empereur sans vers pompeux, un hochet le comblera”. 
 Majorien passé, puis Anthémius (”Fleury”), il se tourna vers l’épiscopat. Il mourra comme saint Augustin, ou l’Ovide de Vintila Horia…

  X
 Nous sommes infiniment tenté par un vibrant parallèle entre la Chute de l’Empire Romain (Decline and Fall of the roman Empire) et notre petite époque où nous ne comprendrons jamais rien ; toutes les époques se sont crues à bout de souffle, complues à s’ériger en Sièclede suprême Ecroulement. Salut aux éternels et incompréhensibles contemporains.
Autres déliquescences, autres et mêmes pernicieuses angoisses, dont l’Homme se relève, éternelle Hydre de Lerne. Lisez la magistrale introduction du Temps des Cathédrales, par Georges Duby ; souhaitons qu’un jour lointain, d’autres érudits encore inconçus restituent aux fourmis futures le monde que nous fûmes (c’est du belge). 


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Latinum mon bonhomme http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/17/latinum-mon-bonhomme/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/17/latinum-mon-bonhomme/#comments Sun, 17 Aug 2008 14:47:07 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/17/latinum-mon-bonhomme/ LE LATIN, AU POTEAU ! LE LATIN, AU POTEAU !

Le principe du réalisme et de l’utilitarisme sert de prétexte à un ignoble désir de rétrécissement des esprits. Le vil concept d’”utilité” se voit hélas prôner jusque dans les plus hautes sphères gouvernementales. Il n’y a pas des “matières utiles” et des “matières inutiles”. Si l’on enseignait le chinois, la mécanique ou le théâtre, l’esprit des élèves serait aussi formé que par le biais des matières dites traditionnelles. Et voilà où le bât blesse les défenseurs du latin : ils prétendent que sa connaissance permet de mieux connaître la langue française. Ils affichent des arguments, à leur tour, utilitaires : c’est fausse route ; car on pourra toujours leur opposer quelque chose qui soit encore plus directement utilitaire que le latin, comme l’art de réparer une machine à laver, qui n’est évidemment pas plus ridicule qu’autre chose. 

 Et même en admettant que le latin soit “utile”, on les rembarrera par un sourire dédaigneux ou des exclamations sans suite avec la tête en arrière - très important, la tête en arrière : qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Est inexact également l’argument selon lequel d’acquérir une logique et une rigueur de l’esprit - c’est archifaux : j’ai toujours traduit au pifomètre, à
l’instinct si vous préférez, ce qui me permettait d’être tantôt excellent tantôt archinul, ce qui m’a donné juste la moyenne nécessaire au décrochage du certificat de latin. Je dirai même qu’il me suffisait de respecter les conseils d’investigation méticuleusement grammaticale pour infailliblement me planter - même chose en littérature, où l’intuition m’a toujours tenu lieu d’analyse - je les enseigne cependant à mes élèves, ces « procédés logiques », puisqu’il paraît qu’on trouve des tempéraments pour lesquels “ça fonctionne” ; il s’agit d’ailleurs comme par hasard de ces tempéraments qui n’ont aucun sens de la littérature, qui s’imaginent qu’il suffit de compter des pieds pour faire de la poésie, de ceux-là qui à l’oral du bac, m’ayant savamment disséqué le système des rimes d’un Baudelaire, ne comprennent même pas ma question indignée sur la musique du texte - “Comment ça, “la musique de Baudelaire ?” - visiblement, ça n’était pas “au programme”. Il faut bien que cela soit dit, et je l’ai fait inscrire en exergue aux classeurs : le latin, c’est comme la musique, les fleurs et les moustiques, ça ne sert rigoureusement à rien ; c’est comme le parti communiste sous Brejnev, ou comme ta femme : c’est là, et il faut qu’on l’aime. 


 A partir de là, et une fois évacués les petits ados stakhanovistes de l’utilitaire - car ce n’est pas non plus parce que vous faites abandonner le latin à vos enfants que vous les garantissez contre le chômage - on peut enfin parler du plaisir. Non pas du plaisir immédiat, cette éjaculation précoce qui ne fait même pas jouir, mais du plaisir de lire un texte, de le remâcher, de relire pour la dixième fois L’ Enéide ou L’ Iliade, d’en comprendre vaguement le sens, de se reporter aux notes en bas de page, d’escalader sa bibliothèque pour vérifier une référence, de lire à haute voix pour faire sonner les syllabes, latines ou grecques, avec prononciation érasmienne ou démotique, bref, rien que de l’emmerdant.

  Du plaisir de vieux. Du plaisir d’intello. Parfaitement. 

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Vous avez tort, comme d’habitude… http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/15/vous-avez-tort-comme-dhabitude/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/15/vous-avez-tort-comme-dhabitude/#comments Fri, 15 Aug 2008 19:42:09 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/15/vous-avez-tort-comme-dhabitude/ Vous avez tort, vous dis-je, de ne pas vous ruer sur la plage “Commentaires”. Mon “Gaston-Dragon” est un véritable petit chef-d’oeuvre, Médaille d’Or aux Jeux Olympiques de Soukh-el-Arba. 

 6

GOYA
 Sans souvenir encore. Pourtant, passé le meurtre des serpents (6) , d’autres monstres se lèvent à l’horizon d’une mémoire antérieure, d’immenses jambes nues franchissent au loin en déchirant les brumes de longues étendues d’eau pâle, terre et mer emmêlant leurs contours indécis. Fermant un instant les yeux, puis les rouvrant, je m’aperçois que les visions s’estompent. Je porte au sommet du crâne l’ombilic ou la fontanelle des vies antérieures. Mère avant moi déjà vivante. Boute-en-train – pour étrange que soit le terme ,désignant un étalon  chargé d’exciter la jument, puis qu’on éloigne pour lui substituer, en douce, le véritable géniteur. « C’était un numéro » ajoutaient les commentateurs - définition de cirque ; jusqu’à une date toute récente, j’ai cru que lres circonstances sanglantes de ma naissance l’avaient transformée en créature dépressive, or, elle l’avait toujours été, comme tous les « rigolos ». Mais le visage de ma mère m’apparaît surtout, dans ma mémoire, comme celui d’une Gorgone, au hideux rictus (7)  
 Trône à seize ans ma mère en costume d’Esther sur un cliché sépia parmi les jeunes pensionnaires entorchonnées de châles. “Un jour en classe » dit ma mère « à la question “qui fut le roi de la Lorraine en 1738 ? j’ai crié : Stanislas Leszczynski !” (8)
  Ma vie est le monde, et son histoire, ma cosmogonie. 
 
Notes : 

(6) Allusion aux deux serpents envoyés par Héra pour étrangler Hercule, encore au berceau. N’oublions pas que notre héros, de loin en loin, prétend se hausser au niveau du grand Héraclès ou « Hercule »
(7) L’auteur exagère. Mais il ne renonce pas à transformer les évocations de son enfance en épisodes mythologiques, sans omettre les références Kulturelles (Goya, Valéry, Sophocle…) 
(8) Deux circonstances où la Mère se trouve mise en valeur. Ce rappel se relie difficilement, là aussi, à ce qui précède ou à ce qui suit.  


  7
LA MORT DU DRAGON (9)
 Histoire de la mort du père d’Alcmène, Gaston-Dragon. Gaston, de « Vaast », prononcé [vâ], («gare St-Vaast »de Soissons). Saint Gaston initia Clovis aux mystères chrétiens - « Terre Guaste » signifie terre déserte, dé-vastée. Die Wüste. Un jour de verglas, 8 h 12, décembre 1945. Gaston-Dragon meurt écrasé par un camion-benne à betteraves, vide, tête broyée, plate comme un fromage au sang ; c’était de son vivant le « chien » du patron : le contremaître, celui qui aboie sur les ouvriers « plus vite fainéants ! » Dur-à-lui-même-et-aux-autres comme on dit, universellement détesté à la sucrerie d’Aguilcourt Arrête ! Arrête ! tu viens d’écraser le père Liénard ! (là-bas enPicardie on ne dit pas « Monsieur, Madame », on dit « le père », « la mère») - Mais je lui parlais y a pas une minute - Il vient de glisser sous tes roues ! 
 Quinze jours avant sa retraite. Quinze jours avant Noël. « Quand j’ai vu » dit la Veuve « arriver de loin le Maire, l’Adjoint, le Patron, tous en noir chapeau bas j’ai su tout de suite qu’il était arrivé quelque chose.” Notables campagnards aux phrases convenues - il se retirait toujours avant pour que j’aie pas d’enfant Tu les préfèrerais à ma fille (10) - et cette fille était ma mère Alcmène absente ce jour-là, où la Seconde Epouse de Gaston-Dragon debout se prenait la mort en pleine face. Or si éloignée que fût ma mère, à dix kilomètres en ces temps si lointains où le bout du monde était l’autre chef-lieu de canton, le téléphone chez Monsieur le Maire en cas d’urgence, elle fit un rêve : mon père était sans tête criait-elle je ne vois pas la tête papa papa – s’il portait un bandeau dans le rêve - si le sang (11) (…) - je ne sais plus répond-elle plus de tête plus de tête un souvenir coagulé comme à bout de souffle à bout de mémoire ; j’ignore encore jusqu’à la mort si ma mère a pleuré crié je ne connais pas le tréfonds de ma mère. 
 (12) (En vérité Gaston-Dragon portait de larges bandes étanches et immaculées sur ce même lit de mort et d’exposition où je devais plus tard enfant rejoindre Seconde Epouse devenue veuve, à sept heures du matin en été, mes parents dormant encore ; elle frappait doucement sur les conduits d’eau chaude, pour que je la rejoigne au sein de cette couche chaude imprégnée de bergamote et d’ « odeur de femme » - il faut un odorat subtil et affiné pour sentir là le plus quintessencié des parfums. Je prétendis un jour en être incommodé. « Comment peux-tu » me dit la veuve «savoir ces choses-là ? » - ainsi donc loin d’en faire mystère les femmes admettaient comme allant de soi, reprenaient à leurs compte et maléfices cette appréciation rebutante… 
 Ma mère prétendit (j’avais là-dessus opiné de jour, en pleine cuisine) que j’avais sans doute flairé parmi les jambes ouvertes de quelque employée de maison  logée alors chez la Veuve et qui se fût au rebours de toute vraisemblance assoupie sur sa chaise en position propice - je ne me souvins d’aucune exploration ni reptation de cette espèce.)

Notes : 

 (9) Retour au thème de cet ouvrage : la mort accidentelle du grand-père, que l’on assimile à un dragon germanique…
 (10) Telles sont bien sûr les paroles incongrus qui résonnent à ses oreilles à l’instant même où elle apprend la mort de son mari, Gaston-Dragon. 
(11) Questions que j’ai posées, plus tard. 
(12) Sept années ont passé, l’auteur évoque ici, par contraste, l’un de ses premiers souvenirs dit « voluptueux »

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La fraîcheur latine de ch’val http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/10/la-fraicheur-latine-de-chval/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/10/la-fraicheur-latine-de-chval/#comments Sun, 10 Aug 2008 19:08:15 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/08/10/la-fraicheur-latine-de-chval/ Bonsoir. Je reprends le fil de ces textes qui ne servent à rien, à destination des civilisations futures qui se traîneront sur le sol en bouffant de l’amiante. Je parle de Virgile, qui bientôt ne sera plus qu’un fragment inconnu pour upanishadistes, et qui connaît les Upanishads ? Voici le commentaire à la Servius (et qui connaît Servius ?) de la 5e Bucolique. Ce sera du latin, j’essaierai de comprendre, m’aidant d’abord des notes en bas de page – il n’y a pas ici de traduction française. Les agrégés actuels connaissent de latin à peu près ce qu’en savaient les grimauds de seconde en 1835… Je comprendrai de quoi il se traite, sensible aux musiques de mots, mais sans comprendre à proprement parler. 
 Le stade que m’avait décrit Frau Laibl à Vienne, endroit rêvé d’une analyse, par une freudienne avouée : « Vous en êtes au niveau de comprendre ce dont il s’agit… » Abordondon cette Bucolique : par la note 7, “les vignes et les ormeaux taillés par la main de l’homme » - « et l’on entend sous les ormeaux / piler la merd’à coups d’marteaux », très con, très fresh. La sodomie : rationalisation. Moins drôle, finalement, que l’absurdité initiale : je préférais, tout uniment, des mecs qui pileraient de la vraie merde, avec de vrais marteaux. J’irais dans une impasse que je connais bien, deux murs distants d’un mètre, et je dormirais là tout disparu dans mon propre quartier, tandis que les recherches s’éterniseraient 20 km autour de moi.  
 Quant aux ormeaux, avec leurs hannetons (“Hanneton prend sa faucille, larirette…”), les voici disparus depuis longtemps, arbres et bêtes. La nature d’une part, de l’autre la campagne cultivée. Nous n’avons plus pour la Nature que les yeux d’Harpagon : en jouir ou la préserver. Adieu poésie ! les textes sur “les champs, les prés, les papillons, les fleurs”, (“…ont toujours de belles chaussu-u-u—res…”) comptent parmi les plus nuls qui se fassent désormais (…se chaussent toujours chez André !”).

La note 8 reprend des mots incompris : “Bonus… felixque tuis”, « bon et heureux aux tiens », c’est-à-dire leur apportant bonheur et fécondité – je ne vois pas le rapport (oui, sexuel, d’accord…) - bien sûr cen’est pas chez Virgile qu’il faut chercher ce Jeu, cette Révolte que nos contemporains attribuent à tours de bras à la poésie. 

 Virgile, c’est l’apaisement, les couvercles de camemberts avec vaches, nuages, plénitude. Cf. Enéide I 330, Enée à Vénus : “Sis felix nostrumque leves quaecumque labores” . « Sois heureux », le reste se perd dans l’obscur grammatical (je rectifie : « et ôte de nos chemins tous les moindres soucis »).“Ici avec joie les monts jettent au ciel leurs clameurs, et les rochers leurs vers, et les buissons eux-mêmes proclament : “Dieu, ô dieu; Ménalque ! Sois bon et heureux aux tiens !” Ah ! Gargarismes de bonté ! Niaiserie, force et beauté, du vrai Giono, du vrai Eluard (Grindel, fils de banquier) (et alors, ça t’emmerde ?)

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Decline and Fall… http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/28/decline-and-fall/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/28/decline-and-fall/#comments Mon, 28 Jul 2008 17:10:20 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/28/decline-and-fall/ Quoi de neuf, après ce jeûne de maintenance ? - Quoi de neuf ? LA CHUTE DE L’EMPIRE…

…Sidoine lui-même difficile à cerner, sorte d’éponge antipathique, malléable, pathétique voire pitoyable. J’échoue à voir en lui quelqu’un d’estimable.On dirait Cicéron-le-Mollasson. Symbole de toute mon attitude envers cette Antiquité qui m’a plombé - avant de me fournir ma façon de vivre et de penser, au point que personne ne peut plus suivre. Ou que je ne peux plus suivre personne. Fier d’avoir participé de cette civilisation, d’en avoir tiré ma substance, heureux qu’elle pourtant qu’elle ait croulé. Ma période préférée – à condition bien sûr de faire partie des classes dominantes – comme à toute époque - eût été le Ve siècle. Tout était tellement plus simple (illusion d’optique). 

 Nous avons à présent tant de critères d’appréciation que nous ne savons plus où donner de la tête - eux aussi - ah bon. Sidoine était un singe savant dans un aréopage décadent. Sidoine, gendre d’empereur. J’envoie bien de mes œuvres à Rachida. Du côté des puissants, sans état d’âme. Sidoine s’est-il montré ébloui par cette promotion ; il ne le semble pas ; il faisait déjà partie de la plus haute noblesse gauloise – je n’ai rien de commun avec ce bouffon friqué. Toute personne ayant tant soit peu gravi quelques échelons que ce soit de la société me semblera toujours haïssable. Encore une chose, et particulièrement grave, que je ne parviens pas à pardonner : d’avoir bafoué son talent, si frelaté soit-il, de l’avoir avili à des contorsions de curetons ; d’avoir prêté sa voix aux niaiseries, à cette religion de fous capable d’inspirer ces répugnants lamentos maso à la saint Augustin – encore de la haine.


 Je ne parviens pas à concevoir l’ampleur. Christianisme chape de plomb. L’ l’effondrement d’un empire : je ne puis. Non possum. Valentinien III empereur - poignardant de sa propre main Aétius, général en chef ; franchissement du Danube par les Goths en pleine fonte des glaces ; des souverains fous, une reine toute-puissante : Galla Placidia. Raconter tant de campagnes malheureuses ; évoquer Rome-Musée, ou Ravenne au milieu des marais, nouvelle capitale ; du raffinement, des ordres donnés par la reine, chuchotés sous les voûtes, façon Ivan le Terrible. Puis des fastes, les vers grecs et latins des langues qu’on ne parle plus ; Sidoine gendre d’Avitus Premier, déclamant son éloge, exilé dès sa chute, puis flagornant trois autres empereurs dont il prononcera les panégyriques à leur tour – enfin converti au moment opportun, quoi d’étonnant ! aux fonctions épiscopales -  reprenons : premiers succès de Sidoine, vie littéraire de ce temps-là, prestige intact au milieu des colonnes qui tombent… 

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Notsag-Nodrag http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/23/notsag-nodrag/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/23/notsag-nodrag/#comments Wed, 23 Jul 2008 19:31:21 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/23/notsag-nodrag/ Vous avez remarqué ? J’ai inversé “Gaston-Dragon”, ce qui fait que personne ne peut plus le reconnaître, en disant “merde il va encore nous bassiner avec sa narration de mes deux.” 

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VESTIGES D’INCESTE
 Ma mère me transmit scrupuleusement les mots les plus crus de Gaston-Dragon. Rien sur sa mère. Etait condamné toute dévotion non exclusivement consacrée au Héros, Ancien Combattant et Père. L’époux, le gendre, mon père à moi, ne fut rien. Alcmène laissa même entendre qu’il y aurait bien peu d’importance aux relations plus intimes qu’il n’eût fallu entre elle et moi. Quinze années sans plus séparèrent plus tard la fillette de sa marâtre, Seconde Epouse, triomphante et nouvelle promue : la Fernande, plantureuse, que j’ai connue, bien dodue. Alcmène accrochée à ses jupes cria : « Je vous interdis de coucher avec mon père ! » On riait très fort en ce temps-là des petits mots d’enfants. 

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LECTEUR INGRAT, MON FRERE
 Vous avez déjà cela sans doute dans vos familles : « Un homme parmi les hommes » disait Sartre « et qui vaut n’importe qui . » J’ai renoncé à me prendre pour Hercule. A représenter ma famille sous forme olympienne - voyez d’où vient l’expérience aux vieillards : du racornissement hormonal des méninges. La sagesse, fille de l”impuissance : quelle leçon…  


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LA FOLIE MA MERE
 Après la mort de Gaston-Dragon, Alcmène devenue folle fut internée à Sainte-Anne, l’asile d’Althusser, celui dont j’ai longé les murs blafards, et d’où l’on ne ressortait pas (existe-t-il encore un refrain de Bruant - “A sainte-A-a-a-nneûeûeûh…” (A Belleville, A St-Lazare) ? J’ignore, chose incroyable, combien de temps ce fut après l’écrasement du Dragon - il suffirait d’écrire, de solliciter tels témoignages encore vivants, les preuves tangibles… ont-ils conservé les archives ? J’ignore si ce fut bref. Insidieux. Mon père signa de sa main l’ordre d’internement – s’attirant une inextinguible et sauvage rancune : car le mari alors avait autorité sur sa femme. 


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Chez les redingots http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/14/chez-les-redingots/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/14/chez-les-redingots/#comments Mon, 14 Jul 2008 15:06:37 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/14/chez-les-redingots/ Bon, ben voilà, on remet ça, nous boirons le calice jusqu’hallali, allez les dingues, allez les dingues, allez…

Elodie parle enfin de son ancien mari, Lamartic : « Sans moi il y serait encore. J’écris au Professeur Vonderrede « Docteur ma nièce est morte d’un écoulement ploc, ploc dans le cerveau, par excès de médicaments, à 37 ans ». Vonderrede me convoque. Il ne m’impressionne plus, parce que du vivant de son père, Professeur Psychiatre, Herr Doktor n’osait pas ouvrir la cour. Sitôt papa père mort il autorise les fous à se promener entre les massifs, tous portails ouvert ; un jour une grosse fille s’est réfugiée sur mon siège arrière en écrasant tous les ressorts. On me l’a reprise après cinq minutes et l’infirmière m’a engueulée. « J’ai lu votre “lettre humoristique” m’a dit Vonderrede Fils, une lettre où j’exigeais la liberté pour Lamartic. 
« J’avais été cinglanglante. Par écrit. Drôle d’humour. Alors mon Lamartic, il me l’a relâché juste avant le pont de l’Assomption. Sinon pont ou pas je revenais avec les flics. On m’a fait signer les décharges et je l’ai repris chez moi. »

Hermann Second Mari n’a pas répondu. Il a d’abord abandonné sa guinde à minuit en plein virage, forêt de Moranceix, sans lumière. Il a vu ça dans un film. Celui qui l’a percutée n’a pas apprécié « l’aspect libérateur de l’acte gratuit” comme ils disaient sur le programme. Du fond de ses plâtres il l’a traité de bâtard, et Hermann s’est dénoncé pour se faire interner. Mais Lamartic a refusé de le voir Une nuit m’a dit l’infirmière le Hermann s’est levé : un dingue secouait la porte verrouillée en gueulant “Jacques ! Jacques !” La garde de nuit a engueulé Hermann Second Mari, qui explique doucement : « Je suis allé trouver cet homme. Je l’ai calmé en le prenant par les épaules. Je lui ai dit : «Tu l’aimes, Jacques ? - Oui. Oui. - Il va revenir. » Et je l’ai ramené au lit. C’est lui qui gueulait, pas moi. » 
L’infirmière a braillé qu’il aurait dû se taire sans bouger. C’est le règlement »

La suite est réjouissante, car le curé Bodo courtise la femme d’Hermann, non sans succès : le prêtre affiche une satisfaction béate : “Faisons” dit -il “une partie de cartes à trois” Elodie compte les points, sans rien comprendre à leur conversation en basque ou en français. Etranges hommes en vérité que Lamartic Premier Mari,  laissé libre, et ce prêtre, étranges complicités. La femme mortifiée retourne s’enfermer chez elle. Quant à Hermann, en son asile (Etché Aïntza)(c’est en avant, en basque) il tombe sous la coupe d’une psychiatre estonienne engagée à l’année.
 Un jour pendant la séance l’Estonienne croise les jambes très haut sous ses yeux. La jupe s’envole mais le mouvement est tel et si imprévisible qu’au lieu de laisser le tissu retomber, il se produit un nouvel envol, comme un orgasme sur un autre. Les femmes paraît-il ne l’obtiennent qu’en se masturbant, quand elles se sentent absolument libres. La psy porte une gaine bleu fluo, et ses yeux prennent un éclat métallique et méchant pour clouer le regard de l’homme. Mais la gaine remonte très haut et redescend très bas si bien que tout viol est inenvisageable. Hermann ressent comme une trahison d’exhiber ainsi ses dessous , le jour où elle annonce son mariage avec un médecin turc.

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Le couilloir des tentations http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/05/le-couilloir-des-tentations/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/05/le-couilloir-des-tentations/#comments Sat, 05 Jul 2008 09:35:43 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/07/05/le-couilloir-des-tentations/ Haha ! je vais encore me faire assaisonner. Mais la vie est faite de risques. Ce qui suit est-il ce que je pense vraiment ? COMMENT VOULEZ-VOUS QUE JE LE SACHE ?? En vérité, j’admire ceux qui sont toujours “au clair avec eux-mêmes”… 

“Elle sait qu’elle peut tenir une semaine, un mois, trois mois - voir plus haut - elle est libre tout de même non, pauvre imbécile ! Surtout que de toute façon elle jouira tout de même mieux en prenant calmement tout son temps avec elle-même qu’avec un Chevalier-Sabreur du quart de seconde. Putain de différence.

Seulement le mec qui ne sait pas s’y prendre (s’y engluer…) commence, à la cinq centième fois, à se décourager. “Il ne sait pas y faire”. “C’est facile” (c’est les femmes qui disent cela : “C’est facile”. Les hommes aussi, d’ailleurs - quoique…)(sondez un mec, un peu, pour voir ? ) - l’homme donc, disais-je, celui qui ne sait pas s’y prendre, enfin pas très bien (il y en a ; des tas…) - se met à se poser des questions ; dans l’histoire, le sexe inférieur, c’est lui. 

 Alors il se traîne chez les putes, ou tout seul, chez lui, à l’abri - etc… A la six centième fois - là, je fais exprès - il s’aigrit. Il disjoncte. Et il y en a même qui violent. Aaah, aucune excuse : un viol, c’est un crime. Jusqu’à vingt ans - ça compense toutes les fois où le violeur a été relaxé. Ou relâché. Mais la tentation, la sale tentation, c’est d’aller tout de même, en se faufilant bien, dans un petit couloir dérobé de la taule, lui porter des oranges…

- Ah non alors là permettez c’est inadmissible ! Vous allez trop loin ! Merde, qu’il aille se faire soigner ! un violeur, c’est un malade ! » - bon, c’est par où, le sens du poil ? voilà… voilà… calme… vous savez, moi, j’ai 63 ans, quarante-et-un an de mariage, ce n’est plus mon problème - et dans le temps, j’étais très aimable avec les putes, parce qu’elles me tiraient une belle épine du pied, elles me disaient parfois : « Avec toi c’est sympa, parce que tu nous parles, au moins… » 

 Il paraît qu’ensuite, le client ne parle pas mais se tire vite fait, «parce qu’il se sent coupable ». Pas du tout. C’est parce que c’est fini. On n’a pas forcément joui (la femme n’est pas là pour ça, elle a d’autres moyens). Et puis, post coitum homo animal triste. ”Homo” ça veut dire “l’être humain” - tiens, la femme aussi… Maintenant que je sais que les femmes me prennent pour un potentiel violeur,  je ne les regarde plus ; “jamais dans le cadre professionnel !” - comme ledit cadre professionnel vous prend les 3/4 de la vie on ne risque plus de perdre son temps à draguer. Jamais on ne parle d’amour. Des fois qu’on se fasse poursuivre pour harcèlement. Les femmes passent raides, souriantes, au bureau, vachement aimables, “fraîches et efficaces”, décolletées jusqu’au nombril, la jupe au ras des trompes - sacrilège ! sacrilège ! comment osez-vous parler des femmes ! - bref la vie sans amour n’est plus qu’un avant-goût du cimetière. Voilà le résultat, messieurs les violeurs. Encore que je ne sois pas bien sûr, tout de même, que ce soient vraiment eux qui aient commencé - Ta gueule. A la niche. Allez couché, le pit-bull.”

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Revues en fiches http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/06/30/revues-en-fiches/ http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/06/30/revues-en-fiches/#comments Mon, 30 Jun 2008 20:16:26 +0000 kohnlili http://kohnlili.blogsudouest.com/2008/06/30/revues-en-fiches/ Merci aux restés fidèles. De retour chez soi. C’était le bon temps. J’avais envoyé sur “Hautetfort’”, trahison ! Un peu de grain à moudre, zamifidèles ? 


 ”C’est le même répertoire de revues. Il date de 2043. Je le lis depuis, mettons, l’Antiquité. Lettre S. P.40. P pour S.P., « service de presse ». J’enverrais donc ma revue à d’autres revues. Alors que j’entends bien rester la seule. Comme c’est curieux, la fraternité. Service de presse « périodique » : « épisodique » ne serait-il pas mieux indiqué ? Ou bien pas de service de presse. Mon cas. Zéro. Nada. « Mois d’expédition/réception ». Voici le mot mystérieux, l’abracadabra : JASONDJFMAMJJASONDJFMAMJJASOND : la succession des mois. En acronyme. Quel beau tableau, rectangles blancs. 0,3% de lecteurs utilisant ces tableaux à la con. Caractéristiques économiques – procédés, procédés, procédés. 
 Qui veut tout formuler se noie dans le formol. Prix 80.0 francs. Sadate, comme disait Anouar. C’est le « point zéro » qui me plaît. Dans le prix, pas à New York - wie komisch ! - franchement tu achètes, toi, une revue à quatre-vingts francs ? « Abonnement » 225 F pour 3 n°s - toujours franchement, tu as 225 F à foutre en l’air ? Plus que pour un livre entier, qui est tout un univers, cohérent ? Périodicité : quadrimestriel – quand trimestriel, paraît-il, constitue la limite à ne pas franchir pour assurer la fidélité du lectorat… « Numéros parus » : 8. Mon Singe Vert est à 68. Super. (74, maintenant). Vingt minutes de sieste à faire. Vingt minutes plus tard : des pensées à la con. Faire sécher le chat qui est tombé dans le ciment frais. Toujours aussi con. « Date dernier N° » : 01/05/42. C’est vieux de vieux. 
 J’étais déjà vieux. Rien ne me semble avoir existé de ce temps. Ni d’aucun temps. « J’ai vécu, bien inutilement, 62 ans » - politesse chinoise. « Diffusion » : Directe. Quod facio. M’adresser aux « points sensibles » ? Miser sur internet ? Faire un livre par an ? On a  a frotté le chat comme des malades. Je suis heureux. « Audience » : Plutôt Internationale. Modeste avec ça. Laideur irrémédiable de ses miaulements. « Collaboration » : Jamais rémunérée – il y en a qui rêvent… « Refus justifiés » : Au bout… d’un certain temps. « Retour des manuscrits » : Aux frais de l’auteur. Avec une bite dans la marge. 
 Il était pas content l’auteur, ah çà… « Publicité » : réponse en blanc. Nous avons quatre chats dont Brioche, qui vient des voisins. Ma fille est bien plus naturelle son mari est là. Partie d’échecs entre Anne et mon gendre. « Caractéristiques du contenu » - quand on sait que toutes les revues traitent grosso merdo de la même chose. (Poésie) entre parenthèses, Contes. A éliminer. Déjà. D’office. Critique de revues – tu en achètes une, tu les as toutes lues. Tous ces gens qui s’agitent en dehors de moi. Etude biographique. Je lis une étude biographique de Stendhal, ça, c’est émouvant. Plus que celle d’un Malraux, plongé dans la facilité, dans le bluff, dès sa sortie d’enfance. Infos sur prix/concours. Tout ce milieu qui s’agite, qui n’est jamais sorti de son trou, comme les cinéastes « pro », qui méprisent copieusement les « amateurs »…
 Je reviens près de D., qui utilise mon ordinateur. Il écoute Björk, l’oursonne, traîtresse à l’islandais. Photographie/Poésie. Ordre alphabétique de gauche à droite, d’une colonne à l’autre. Beethoven aurait-il composé pour l’orgue électronique ? Où se trouve Ingrid Béthancourt ? Bio-bibliographie: ce ne serait pas un tout petit peu exagéré des fois ? Où vont nos rapports à tous ? Ai-je remporté le morceau ? Tant de gens qui tiennent à moi ? Putain c’est du Christine Angot. Critiques de livres. Dessin « trait ». La revue bouffe-tout. Comme toutes. Chère et rare. Les éditeurs écument : non plus les revues, mais les blogs. Paraît-il. Histoire littéraire. Nouvelles - c’est LA revue du siècle, parole ! Photos ou dessins tramés. Je préfèrerais, tiens, l’actualité de la mode godassière. Louis, mon arrière-grand-père, précisait bien : « Savetier, pas cordonnier. Sur mesures. » Et le texte ? Le vrai texte critique de la revue ? Maintenant. Un peu tard. Trop tard.”Le temps qui m’était imparti…” - revue francophone. Tant de gens qui veulent le bien de la France. « … est une revue littéraire de récits, nouvelles. Je crois que la littérature est sur les blogs. Hachée. A chier, peut-être. ”

Ach ! Kolossale Finesse ! 

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